Résurgences Senséennes

Accueil

Bugnicourt

Origine Historique Armoiries Spécificité Le souterrain
La rue des Chasse-marée L'Eglise Le Calvaire La chapelle du Dieu de Pitié La chapelle St Roch
La chapelle ND de Grâce La chapelle ND des Affligés Une reine au château de Bugnicourt Eustache d'Auberchicourt Traditions locales
Sorcellerie Anecdotes

Origine du village

L’origine du village remonte probablement à l’époque gallo romaine, vers +250 après JC.

Benigni et Curtis. Benignus ou Bonus est le nom du premier maître ou fondateur du lieu : curtis ou cor est la cour ou la ferme, d’où Bugnicourt : La ferme de Benignus.

C’est dans le sol qu’on a pu découvrir, au cours des siècles, des débris de construction, des médailles militaires, des urnes en terre cuite qui sont comme la marque indélébile de leur passage et de leur séjour prolongé dans ces châteaux forts et ces villas construits sans nul doute par nos ancêtres sous leur rude férule.

Une patère romaine en bronze fut également mise au jour, elle présentait un manche cannelé terminé par une tête de bélier. Sur cette patère, grande mais simple, on ne distingue que quelques moulures.

On y trouva aussi une tombe à incinération, datée du 1er ou 2è siècle après JC, comportant 4 céramiques (3 contenaient des ossements), ainsi que 3 fibules, un miroir, et une palette à onguent.

Dans le Haut Empire, l’incinération est de règle et les rites funéraires sont le reflet de la religion gallo romaine (voir aussi à Féchain).

Le passage dans l’au-delà nécessite un rite particulier, le défunt doit pouvoir disposer de nourriture (à boire dans des gobelets, des cruches ou des verres ; à manger dans des assiettes et des plats).

Cette vaisselle est évidemment retrouvée pratiquement toujours vide, les aliments ayant disparu.

Le défunt doit aussi payer son passage, d’où la présence fréquente de monnaies dans la tombe.

Accessoirement , quelques bijoux surtout féminins, sont disposés à côté des cendres (fibules, miroir, palette à onguent…).

La plupart du temps, les cendres du défunt reposent dans une urne, parfois dans une boîte en bois, ou même dans un sac.

Dans les années 1926 à 1928, lors de la reconstruction de l’église détruite en 1918, on a découvert sous les ruines de l’ancienne, un vieux puits, et encore un autre près du clocher, puis cinq autres dans la ferme seigneuriale attenante. Tous ces puits, inconnus jusque là, étaient tous construits en grès, jusqu’à la naissance de l’eau.

Près du chemin de Cantin, au ‘bois de Brulle’ ou de ‘Bruille’, expression employée lors de la vente effectuée en 1809 par le fils du marquis de Trainel, un puits maçonné en grès fut mis à jour, une partie des gros grès de dessus a été démolie, le reste a été abandonné par crainte du sable boulant en cet endroit, et à cause de la profondeur de l’ouvrage.

Dans ce bois, au lieu-dit l’ermitage, la fontaine était reconnue autrefois pour ses vertus médicinales.

Ce fut certainement une source sanctifiée car, à son emplacement, se trouvent encore des vestiges de murs et une vieille grille rouillée.

Peut-être les restes d’une ancienne chapelle, à moins que la source n’ait été entourée de murs comme pour certaines fontaines.

D’ailleurs, l’endroit passe pour être assez inquiétant et engendreur de fantasmes.

L’appellation ‘bois de Bruille’ ou ‘de Brulle’ ou ‘Brûle’ est due aux romains qui incinéraient les corps de leurs défunts, et déposaient ensuite leurs cendres dans des urnes qui furent découvertes non loin de là, dans une tourbière.

A la limite de Bugnicourt et de Brunémont, sur la route nationale, s’élevait une haute borne dont la réputation était d’éloigner les orages.

Sous leur domination qui dura près de 500 ans, ils ont eu le temps de s’imposer et de bien faire les choses, car ils n’avaient qu’à parler pour être obéis.

Ne soyons donc pas surpris de leurs travaux gigantesques, de ces souterrains comme ceux de Bugnicourt et de Villers, et de bien d’autres qui nous laissent rêveurs, et devant lesquels nous sommes tentés de nous écrier : ‘est-ce possible ?’, de ces châteaux dont la solidité des murs leur fit traverser les siècles (affirmation de l’abbé Guidé, qui avait vu l’entrée du souterrain du château de Villers, et s’y était aventuré).

Historique

An 684 environ, mort de St Ghislain, l’apôtre du Hainaut. Ses restes reposent, après bien des déplacements, à St Ghislain (Belgique) près de Mons.

1096, une famille seigneuriale est attestée à Bugnicourt, Richerus de Buisnicourt.

Vers 1150, les carrières de grès existent déjà, les remparts de Douai du 11è en sont constitués d’une grande partie, et les échevins de Douai fixeront les dimensions que doivent avoir les grès extraits des carrières en 1264.

Dans les années 1300, le seigneur de Bugnicourt, Auberchicourt, Villers…, est Baudoin, ou Bauduin, dit ‘le borgne’, tué le 11 juillet 1302 à Courtrai. A son fils Eustache d’Auberchicourt furent réservées de hautes destinées.

Reine d’Angleterre, Isabelle de France, épouse du roi d’Angleterre Edouard II, fille de Philippe le Bel, ne pouvant plus supporter les mauvais traitements de son mari, subjugué par Hugues Spencer et ses partisans, ses indignes favoris, s’était d’abord réfugiée à Paris auprès de Charles IV son frère, le roi de France (voir aussi Charles le Mauvais à Arleux).

Mais, celui-ci, menacé d’excommunication par le pape s’il empêchait Isabelle de retourner dans la maison conjugale, s’était vu obligé de congédier la malheureuse princesse.

Elle entra alors en Ostrevant et en Hainaut, accompagnée de son fils le prince de Galles, solliciter le secours du comte de Hainaut, et, du château d’Auberchicourt, vint loger au château fort de Bugnicourt (castellum) en l’hôtel d’un chevalier qui s’appelait le sire d’Aubrecicourt, et fut reçut, par le chevalier et sa femme, avec moult lièsement, en août 1326, avec toute sa suite. Voir rubrique Personnages célèbres.

Plus tard, un magnifique moulin à vent fut érigé en grès du pays, qui porta, au-dessus de son entrée, les armes de ‘Sainte Aldegonde Noircarmes’, les vestiges de ce moulin étaient encore visibles avant la grande guerre 14-18.

Bugnicourt sera ravagée comme beaucoup d’autres villages en 1340, par la garnison de Cambrai commandée par le duc de Normandie.

Cette année là, le seigneur de Bugnicourt vendra son hôtel de la rue de Tournai, à Lille, aux religieuses dominicaines qui l’avaient trouvé assez vaste pour y installer leur communauté, dès 1345.

Eustache d’Auberchicourt, fils de la reine d’Angleterre (voir rubrique Personnages célèbres), et son fils Jean, furent nommés chevaliers de l’ordre de la Jarretière.

Cette branche des d’Auberchicourt, seigneurs de Bugnicourt et des environs, fut tellement considérée en Angleterre que les principales familles de ce royaume recherchaient ses alliances.

Vers 1370, la seigneurie passe dans la famille des Lalaing.

Les échevins de Douai décident, en 1380, la construction du beffroi avec les pierres du château de Cantin, alors en cours de démolition, et également des grès provenant des carrières de Bugnicourt et de Lewarde. On extraira des grès à Bugnicourt jusqu’au 19è siècle, pour le pavage des routes notamment, et les soubassements des constructions.

1428, Guillaume de Lalaing est seigneur de Lalaing, Hordain, Bugnicourt et Fressain.

Les Lalaing nous fournissent d’ailleurs le plus étonnant des microcosmes depuis leur irruption dans l’histoire hennuyère, dès les premières croisades.

Ils défilent dans l’histoire en un cortège brillant de chevaliers, de gouverneurs, d’aventuriers, de saintes femmes, de tournoyeurs, d’hommes de Dieu, de chefs de guerre, de diplomates, d’esthètes et de savants ; douze chevaliers de ‘la toison d’or’, sept baillis ou grands baillis du Hainaut, et trois stadhouders (gouverneurs) de Hollande, un extraordinaire palmarès !

1490, Jehan de Lalaing, seigneur de Bugnicourt,…, se déshérite d’un fief nommé ‘le bantimont’. Ce lieu est encore appelé de nos jours, en patois local, ‘ch’batin-mant’. Le chemin de terre qui mène d’Erchin à Cantin, par ‘ch’mal’cro’ (mont de la croix) est également appelé de nos jours ‘ch’quémin d’Batinmant’. Le Bantimont était l’emplacement d’une ferme, bâtie sur 54 hectares environ.

En 1502 il est fait mention de la Cense de ‘Le Prayelle’, à l’prayelle de nos jours ; pour les anciens, ce lieu se situe chemin du bois, à gauche avant d’y arriver. En observant une vue aérienne en période de sécheresse, on peut imaginer des traces de fondations, non loin du bois de Bugnicourt, entre la propriété de Mr Mascaux et le bois.

1505 : union de la seigneurie de Villers à celle de Bugnicourt.

Fin octobre 1521, l’armée française de François 1er détruit le village, et d’autres, une grande partie des récoltes fut emportée, le château dût souffrir lui aussi de ces destructions.

C’est la foudre en 1543 qui frappe l’un des clochers d’Anchin et y allume l’incendie. Monseigneur de Bugnicourt (Ponthus II de Lallaing, le fameux général de Charles Quint, qui résidait alors au château de Bugnicourt), chevalier de la toison d’or, gouverneur de Cambrai, survient par hasard et organise les secours qui préserveront l’église d’une ruine totale.

La destruction finale du château, ou du moins de ce qui en restait, a dû intervenir en 1553, la tradition raconte même que le roi Henri II assista en personne à son anéantissement, considérant la forteresse comme un symbole, Ponthus II, sire de Bugnicourt, grand vainqueur de Thérouanne, était particulièrement haï de Catherine de Médicis.

En 1601, les albums de Croÿ montrent le château possédant encore quatre grosses tours, mais le donjon est en ruines.

La construction d’un moulin à vent seigneurial fut décidée en 1627, près du cimetière actuel. Il porte, au-dessus de l’entrée, les armes du roi d’Espagne, qui sont plutôt celles de Philippe de Ste Aldegonde Noircarmes, serviteur zélé de Philippe II d’Espagne, armes que son épouse Bonne de Lannoy s’acharnait à faire graver sur toutes ses possessions.

Le moulin était composé d’une haute tour de grès. Au début 1800, il est toujours debout, et ses restes étaient encore visibles avant 14-18.

Bugnicourt et Villers sont rattachés à la châtellenie de Bouchain en 1659, et dépendent de Mons.

Martin Detremont fut nommé Sergeant de Bugnicourt, Fressain et Villers en 1661. C’était une sorte d’huissier qui participait même à la perception de la dîme. Le sergeant avait quelque chose de notre garde champêtre, mais avec des fonctions plus étendues. En cette année, Villers est toujours dépendant de Bugnicourt.

La cité ne deviendra définitivement française que le 11 mai 1676, à la prise de Bouchain par les troupes de Louis XIV.

Suite aux guerres menées par Louis XIV, la région était dévastée et en 1712, du village il ne restait que des ruines.

En 1738, Jean Jacques Nonclercq est meunier servant au moulin de Bugnicourt, son père à Fressies. L’année suivante il sera noté comme maître meunier chez Louis Quennesson, censier et meunier.

Le 25 juin 1746, le marquis de Trainel (voir à Villers) est cité sous la qualité de seigneur d’Iwuy, Villers, Bugnicourt, Monchecourt, Fressain, Hordain.

Vers 1750, on parle du ‘Fontenoy’, vallon où se perd la source du bois de Bugnicourt qui jaillit au bord du bois de la Garenne, non loin du Calvaire. Jadis, cette source se perdait dans un bas fond bourbeux à propos duquel on peut citer deux légendes :

- un carrosse rempli de pièces d’or s’y serait embourbé et aurait été englouti avec son cocher,

- ce bas fond ne serait qu’un genre de siphon communiquant directement avec la mer.

La source était jadis celle d’une petite rivière qui, traversant Erchin, allait sans doute se jeter dans la Scarpe ou ses marais, du côté de Montigny.

Le 12 Octobre 1752 est fait mention d’une bénédiction de la nef de l’église, nouvellement rebâtie, et du chœur cette fois le 19 décembre de l’année suivante.

Un bébé de 15 jours à peine est trouvé sur le chemin entre le bois appas et Villers, le 27 mai 1758, ‘près d’un digeau de fagots, levée par charité par François Félix Canseau, portant un billet attaché par son maillot, …, on l’a appelée Marie Joseph Dubois, suite à l’endroit où on l’a trouvée.

Le 15 septembre 1773, il est donné ‘Permission à Mr le marquis de Trainel d’exploiter provisoirement pendant un an, les mines de charbon qu’il a découvert dans ses terres de Villers, Bugnicourt, Monchecourt et Fressain.

En 1778, Jean-Baptiste Ansart est batteur en grange. Cette famille sera longtemps dans cette activité, jusqu’en 1930.

Le 25 octobre 1782, un arrêt du conseil royal rattache certaines communes du Hainaut à la Flandre Wallonne, et entraîne la pose des fameuses bornes FW et BH qui jalonnèrent la nouvelle limite entre Flandre Wallonne (FW) et Bouchain Hainaut (BH), dont quelques unes sont encore visibles (à Bugnicourt, face à l’église, dans le parterre de fleurs).

La Révolution entraînera une période sombre de l’histoire de Bugnicourt, comme des communes avoisinantes, surtout envers les symboles religieux, les prêtres sont considérés comme des contre révolutionnaires, la fermeture des chapelles et oratoires est ordonnée le 25 juin 1791.

En ce 30 avril 1792, le département prend l’initiative de séquestrer les prêtres réfractaires à Cambrai.

Dès le 17 novembre 1793, toutes les églises doivent être fermées, les signes religieux, croix, calvaires, sont démolis.

24 mars 1794, ‘Lavit alla à Bugnicourt, construire des redoutes pour l’armée. Ce jour-là, on cassa la tête à un volontaire déserteur.

1798, années de la Terreur, le commissaire François institue une nouvelle prohibition des cultes, il ne veut plus voir de chapelles ni de calvaires le long des routes, plus de croix sur les clochers et dans les cimetières. Il ne veut plus entendre de sonneries de cloches et ne veut plus voir de statues dans les églises, il les fait fermer, et envisage leur vente.

Le coup d’état va remettre les choses à leur place le 18 brumaire, 9 novembre 1799, un jeune général de l’armée d’Egypte, Bonaparte, chasse les directeurs et fait voter une nouvelle constitution, la République fait place à une dictature militaire.

Les gens de Bugnicourt ‘envoient l’expression de leur reconnaissance envers l’immortel héros, Napoléon Bonaparte, qui, après avoir procuré la paix générale la plus glorieuse, vient encore de leur donner la paix des consciences par le rétablissement de la religion de leurs pères…

En 1865 il est fait mention d’une perception à Bugnicourt, qui réunissait 8 villages.

Aux registres d’état civil, vers 1870, on ne voit plus apparaître les termes de crocqueteurs, ou piqueurs de grès. Par contre, la profession de paveur est souvent mentionnée, les carrières de grès devaient s’épuiser.

Exploitées depuis plus de 500 ans, elles durent modifier bien des apparences, et l’altitude des collines que nous voyons aujourd’hui.

Le premier téléphone de toute la région fut installé en 1913, chez Mr Mascaux.

Armoiries

Les armes actuelles de la cité sont celles de la famille de Sainte Aldegonde: ‘D’hermines à la croix de gueules chargée de 5 roses ou quintefeuilles d’or’.





Spécificité du village

De tout temps on creuse à Bugnicourt.

Bien que les carrières de grès connurent 900 ans d’exploitation, le village recèle d’autres matières exploitées telles que la craie, le sable, l’argile, mais pas de charbon, malgré quelques forages.

Une vieille légende Celte raconte même l’histoire des Quiet Folk, ces nains qui venaient du monde des richesses enfouies.

Il leur suffisait d’ôter leur bonnet pour devenir invisible. Ils étaient méchants avec les personnes méchantes, et gentils avec les gentils.

Il y a bien longtemps déjà qu’ils n’ont pas remis leur bonnet…

Bugnicourt, la cité où l’on fait ‘carrière’.

Le souterrain :

A l’emplacement du château d’Eustache d’Auberchicourt et de Ponthus II, l’entrée d’un souterrain subsiste.

Il est tout de pierre, et descend en serpentant dans de sombres profondeurs. On ne sait où il va.

La rue des Chasse marée

La mémoire humaine ne suffit pas toujours à immortaliser les évènements, et il est des repères du passé qui lui viennent parfois en aide. Les noms de rue sont souvent les témoins involontaires de l’histoire locale.

La rue des Chasse-marée à Bugnicourt, sur votre gauche en remontant vers le centre, garde dans sa mémoire un relais probable qui permettait jadis de changer les chevaux fatigués, sur l’un des axes de la fameuse ‘route du poisson’, de la Bretagne au Boulonnais, vers Lille et Paris. Au moyen age, il est déjà fait mention des ‘chasse-marée’.

Bien qu’à l’origine, il s’agissait d’un trois mâts breton, avec ses formes avant élancées et assez creuses, une tonture élégante et un arrière fin lui permettant avec son tirant d'eau modeste de fréquenter les ports difficiles d'accès, ou de remonter les fleuves côtiers, ce nom fut propagé à la voiture, long véhicule aux ridelles d'osier légèrement incurvées en forme de berceau, monté sur deux roues hautes et de larges jantes, qui amenait ensuite le poisson vers les grandes villes, dans des délais records pour l’époque.

Métier ancien, le chasse-marée était un marchand voiturier spécialisé dans le transport de poisson, et la route du chasse-marée, devenue ‘route du poisson’, celle qu’il empruntait au moyen âge pour acheminer le fret.

Il utilisait cette voiture à 2 roues pouvant supporter jusqu'à 4 tonnes de pêche, et 5 chevaux boulonnais qui parcouraient, en relais, des étapes de 30 à 40 Km, à la vitesse de 16 Km/h, on disait même ‘mener un train de chasse-marée’.
L’église était étroitement associée à cette activité puisque, sans le poisson, elle n'aurait pu obtenir le respect des jeûnes, des abstinences et du carême prescrits entre deux et trois jours sur sept, tout au long de l'année.

L’arrivée du rail vers le milieu du XIXè siècle, mit un terme à cette activité séculaire.

En souvenir de cette épopée des temps anciens, en 1991, eut lieu la première ‘Route du Poisson’, devenue course d'endurance pour chevaux lourds, organisée tous les ans depuis, avec un succès grandissant.

A Bugnicourt, aucune trace de cette halte bienfaisante ne subsiste malheureusement aujourd’hui, en dehors d’une plaque, posée là, peut-être par hasard, depuis toujours.

L’église

Dédiée aux Saints Pierre et Paul, l’église actuelle, restaurée pour le jubilé de l’an 2000, date de 1928, après avoir été reconstruite sur le même emplacement que l’ancienne.

La précédente, qui ressemblait à s’y méprendre à l’église actuelle de Lewarde, toute de grès, fut détruite lors de la guerre de 1914-1918.

Elle fut complètement abattue, en Octobre 1918, lors de l’attaque pour le franchissement de la ligne des eaux de la Sensée, qui précéda la libération de Douai par les Canadiens et les Britanniques du général Horne.

Les clochers servaient de points de repère aux canonniers alliés. De ce fait, les allemands dynamitèrent tous les clochers de la ligne de front, dont celui de Bugnicourt.

Edifiée totalement en grès, comme celle de Lewarde, toujours debout aujourd’hui, son clocher était trapu, cerné de contreforts, c’était certainement la partie la plus ancienne de l’édifice.

Accolé à l’église, côté rue, le cimetière, entouré d’une épaisse muraille de grès, dans lesquels on distinguait une rangée de têtes humaines sculptées dans la pierre, bustes chargés de veiller sur les morts du cimetière.

Deux escaliers symétriques, encadrant un autre monumental escalier central, permettaient d’y accéder. Entre deux grosses pilasses de grès s’ouvraient les grilles du cimetière.

Cette église, que la Révolution avait épargnée, était très ancienne, et avait subi maintes réfections et transformations. Elle apparaît dans les albums de Croÿ, datés de 1601, en très bon état, avec son clocher, orné de contreforts, tandis que le château voisin, est en ruines depuis 1521 et 1553.

Au-dessus du porche, se trouvaient les armoiries des seigneurs de Sainte Aldegonde Noircarmes, celles de la cité de nos jours, ces armoiries avaient été gravées avec la date de 1564, sur ordre de Bonne de Lannoy, comtesse de Noircarmes, et avaient traversé les siècles.

Au-dessus de l’écusson, 2 pierres sculptées aux armes de Ste Aldegonde et des Lannoy, celle de gauche en écu, celle de droite en losange, et en 1909, l’abbé Leuridan, dans son armorial des communes du Nord, les signale comme figurant toujours au-dessus du portail de l’église.

De même, au 16ème, les écus de Philippe de Ste Aldegonde et de son épouse, Bonne de Lannoy, étaient peints sur le maître autel de l’église.

Elle disparut en 1918, après avoir perdu ses cloches, réquisitionnées par les allemands, comme celles des autres villages, en 1917, et ne fut rebâtie qu’en 1928, la châsse contenant la relique de St Ghislain fut retrouvée intacte dans les décombres.

Son clocher a été reconstruit en grès, avec les 6 têtes de pierre provenant du mur de l’ancien cimetière, serties dans le clocher telles des gargouilles.

Au-dessus du porche, on peut encore voir les pierres qui proviennent de l’ancienne église, en haut à gauche, et en bas à droite, armes de Ste Aldegonde, en haut à droite , et en bas à gauche, armes des Noircarmes : ‘d’or, à la bande de sable, chargée de 3 coquilles d’argent’.

Les armoiries de la pierre de droite sont celles du seigneur de Ste Aldegonde Noircarmes, associées pour moitié aux 3 lions de la famille des Lannoy, à laquelle appartenait la comtesse, son épouse.

La pierre que l’on peut voir au-dessus du portail fut vraisemblablement sculptée par son auteur, le prénom ‘jacque’ est assez précis, le nom est plus difficile à interpréter.

Dernière supposition : en 1573 Philippe de ste Aldegonde Noircarmes a fait restaurer le château de Villers par le sculpteur Jacques Du Broeucq ou Du Broucq , ou encore Broeuck, qui fut le maître de Jean de Bologne sculpteur douaisien.

N'aurait-il pas laissé son souvenir dans la pierre de l’église ?

A l’intérieur de l’église, 2 chapelles dont St Ghislain à droite, dans laquelle est une relique ’un morceau d’os du bras du Saint’.

Ce saint est fêté le 9 Octobre. Mais, c’est au cours de la deuxième fête communale de Bugnicourt, dite ‘ducasse d’automne’, qui a lieu le dimanche suivant cette date, qu’avaient lieu les cérémonies religieuses, au cours desquelles on vénérait sa relique.

Saint Ghislain est né en Grèce sur la fin du 6ème siècle. Devenu évêque d’Athènes, il partit pour Rome, et de là, vers le Hainaut. Après avoir reçu des conseils de St Amand, il défricha un lieu situé près de Mons, en Belgique.

Une ourse, traquée par des chasseurs, se réfugia un jour près de lui et le guida vers un endroit, un buisson, où il entreprit de bâtir une église.

Il partit rencontrer Saint Aubert, à Cambrai, et à son retour il guérit une femme qui était en train d’accoucher d’un garçon, qu’il baptisa, et auquel il donna ensuite le nom de Baudry.

C’est à cause de ce prodige que Saint Ghislain fut par la suite invoqué par les femmes enceintes.

L’oratoire, qu’il avait entrepris de construire, fut consacré par Saint Aubert et Saint Amand. Il décida aussi Sainte Aldegonde et Sainte Waudru à entrer en religion.

Saint Ghislain mourut en 684.

Son corps, devenu relique, voyagea beaucoup au cours des siècles, et à cause des vicissitudes de l’Histoire, un fragment de l’os de son bras est parvenu jusqu’à Bugnicourt, où il est conservé dans le buste du saint qui trône sur l’autel qui lui est dédié.

Depuis très longtemps, les habitants de St Ghislain et de Roisin, en Belgique, de Bugnicourt et des environs, ont conservé le culte de St Ghislain.

Une semaine avant le 9 Octobre, avait lieu, au village, une neuvaine de prières, avec offices religieux, comme les saluts. Le Dimanche qui suit le 9 Octobre, jour de la ducasse, il y avait la célébration religieuse. C’était une grand messe solennelle, au cours de laquelle on vénérait et donnait à baiser la relique du saint.

Au cours de cet office, les gens des alentours venaient faire bénir du petit linge et des petits objets destinés aux bébés, l’église était pleine de monde, si pleine, qu’à un moment le curé de Bugnicourt dût changer le jour de ces bénédictions.

Il faut rappeler que, suite au miracle de la femme enceinte, le saint fut invoqué dans le but de protéger les jeunes enfants des convulsions et des mauvaises dentitions, et aussi pour les aider à marcher. On l’invoquait également pour éviter l’épilepsie, appelée dans le Nord : ‘le mal de saint Ghislain’.

Des baudriers, ou petites pièces de tissu en serge, écru ou blanc, qui entouraient les reins des enfants (St Ghislain avait donné son baudrier à l’enfant, lors de son premier miracle) étaient vendus à la sortie des cérémonies, ainsi que des colliers de dentition (à fil bleu ou rose, suivant qu’il s’agissait d’un garçon ou d’une fille, et composés de 9 groupes de 3 perles, séparés par 8 grosses), des chapelets, des médailles, des crucifix, des images pieuses.

Les possesseurs de ces colliers les prêtaient ou les louaient aux personnes malades ; ils guérissaient la fièvre, les maux d’yeux, le cathare, les coups, rendaient le lait aux nourrices, faisaient sortir les dents des enfants et conjuraient les mauvais sorts. Ils étaient aussi utilisés pour la guérison des bestiaux malades ou ensorcelés.

Chacune des perles avait une grande renommée, et quelques uns de ces grains n’étaient efficaces que si les malades invoquaient quelques saints particuliers du pays, et faisaient une neuvaine.

Avant de porter le collier, le malade avait soin de défaire et d’enfiler les grains en plaçant à dessein la pierre qui avait le plus de vertus au milieu, sur trois fils de chanvre n’ayant encore jamais servi ; après cette opération, il ne manquait pas de passer neuf fois le collier, en tournant, dans la flamme du foyer, à l’encontre du soleil, puis il le mettait à son cou et le gardait neuf jours ainsi.

En 1888, à l’occasion de la fête de St Ghislain, 4000 personnes se déplacèrent pour venir honorer sa relique.

En 1940, une personne de Bugnicourt évacua avec la relique du Saint.

Puis, cet engouement pour la relique de St Ghislain, qui fut très vivace jusque dans les années 1950, diminua peu à peu.

En 1989, à la demande de paroissiens, l’abbé Harfaut, alors curé de Bugnicourt, consentit une dernière fois à refaire ces cérémonies. Depuis, il n’y a plus rien de particulier, la municipalité actuelle a décidé de restaurer cette tradition, qui devrait ‘ressusciter’ en 2004.

Le calvaire

Vers 1600 les albums de Croÿ montraient déjà une croix de grès face à l’église, mais sa présence n’est attestée que par une enquête de l’Archevêché et des monuments historiques en 1838.

Ce calvaire couvert privé se trouve au centre du village, à l’intersection de la rue de Fressain, de la rue de la Rose et de la rue de l’Eglise.

On y accède par un jardinet entouré d’un muret et percé d’une porte principale en façade, côté rue de Fressain, une allée dallée conduit à l’édifice.

La pierre scellée dans la maçonnerie de l’autel est sûrement la base de l’ancienne croix de grès, probablement détruite à la Révolution ; elle a été retournée et, on peut y distinguer l’inscription IHS (Jhesus) surmontée d’une croix.

Par le mouvement donné au corps du supplicié, ses pieds cloués séparément et sa représentation vivante regardant le ciel pour implorer le pardon de ses bourreaux, il pourrait s’agir d’une œuvre du XVIIIème ayant miraculeusement échappé aux destructions révolutionnaires.


Chapelle du Dieu de Pitié

Un petit édifice de plan carré construit en briques, à l’intersection de la rue des Bœufs et de la rue des Juifs attestait la présence d’un oratoire qui abritait la statue d’un Christ des Douleurs offert par l’abbaye d’Anchin.

Présente sur un plan de 1779, elle fut probablement détruite pendant la Révolution puisqu’elle n’apparaît pas sur le plan cadastral de 1812.

C’est un autre plan datant de 1866 qui nous la montre comme appartenant à Louis Delagrange, domicilié à Douai, mais rien n’indique que ce soit lui qui l’ait fait relever.

La base de l’un des deux murs est constituée d’éclats de grès difformes authentifiant les vestiges de l’édifice précédent.

A une date incertaine, elle devint propriété de la commune.

Le Dieu de Pitié de Bugnicourt était une statue de chêne du XVIème, restaurée dans les années 1970 avant d’être replacée solennellement dans son oratoire à l’issue d’une procession.

C’est avec cette figure que les artistes du Moyen Age sont parvenus à exprimer, de façon remarquable, l’affliction et la détresse morale.

Un journal relate sa disparition à la Toussaint 1977 : ‘Ce n’est pas sans une certaine émotion que nous avons appris la disparition du Dieu de Pitié…’.

Chapelle St Roch

Tout comme celle du Dieu de Pitié, elle ne figure pas non plus sur le cadastre de 1812, mais sur celui de 1866, au carrefour de la rue de la Rose, de la rue du Bois et de la rue Nouvelle. Elle fut vraisemblablement édifiée lors de l’une des deux grandes épidémies de choléra en 1832 ou 1849.

Iconographie populaire du XIXème de belle qualité, mais contrairement aux représentations habituelles, St Roch ne soulève pas ici son vêtement pour montrer son bubon de peste, sa robe courte le laisse apparaître au-dessus du genou droit.

Le chien, son fidèle compagnon, est en retrait sur sa gauche ; il a la gueule ouverte laissant supposer qu’il tenait initialement un pain, tandis que le récipient posé sur le devant du socle pourrait représenter la gourde du pèlerin.

Voir le culte de St Roch à Goeulzin.

Chapelle ND de Grâce

Cette chapelle privée est située au carrefour de la RN43 qui relie Douai à Cambrai, et du chemin départemental 247 qui mène à Brunémont, sa façade est éclairée dans la matinée.

A cet endroit, une chapelle est déjà signalée sur le plan de 1779, mais disparaît sur celui de 1812.

C’est au XIXème que fut construite cette chapelle par Mme veuve Desommain, en mémoire de son mari Toussaint Carlier, et d’Ignace Carlier, cultivateur à Bugnicourt.

A nouveau détruite pendant la guerre 14-18, la chapelle actuelle fut rebâtie en 1923 en même temps que la maison qui y est contiguë, l’analogie architecturale avec la chapelle Notre Dame des Affligés ci-dessous est d’ailleurs remarquable.

La Vierge y repose sur un piédestal portant inscription ‘Notre Dame de Grâce, priez pour nous’. Œuvre d’art populaire du XIXème, elle est ici appuyée sur sa jambe gauche avec le pied droit légèrement en retrait, dans une attitude gracieuse.

Dans le creux de sa main gauche, l’Enfant bénit les fidèles de sa main droite.

Une des dévotions les plus importantes de la région, Notre Dame de Grâce trouve son origine à Cambrai au XVè.

De retour de Rome Fursy de Bruille, chanoine cambrésien, rapporta vers 1440 une icône mariale que le cardinal de Brogny lui avait offerte.

De facture byzantine, la légende l’attribua au pinceau de l’apôtre St Luc. La prise de Constantinople par les Turcs le 29 Mai 1453, allait donner à cette image sainte le pouvoir de s’opposer à l’Islam, puisqu’elle était sortie d’Orient pour échapper aux musulmans.

Exposé dans la cathédrale de Cambrai, ce portrait de la Vierge allait drainer des foules de pèlerins et non des moindres, Philippe le Bon en 1457 et le roi de France Louis XI en 1468 figurent parmi ces visiteurs.

Devant le succès considérable remporté par le nouveau culte, le chapitre de Cambrai, légataire de l’œuvre, autorisa l’exécution de copies.

C’est ainsi que Notre Dame de Grâce fut vénérée dans tout le Nord jusqu’à la Révolution, et que ce culte est très répandu dans la région d’Arleux, toute proche de Cambrai.


Chapelle ND des Affligés

L’abbé Leuridan releva au début du XXème cette chapelle privée construite en 1873, comme l’atteste l’inscription sur une plaque, et appartenant aux héritiers d’Ignace Carlier dont les propriétaires actuels sont les descendants.

On peut distinguer à droite de sa façade, au numéro 29, une construction en briques, vestige de l’ancien puits qui donna sûrement son nom à la rue de la Fontaine.

Patronne des paralysés des membres inférieurs, Notre Dame des Affligés est également invoquée pour les enfants qui tardent à marcher ou qui marchent mal.

Jadis, il était même fréquent d’y trouver les béquilles comme ex-voto de ceux qui avaient retrouvé l’usage de leurs jambes.

Le 15 Août , pour la fête de l’Assomption, une procession avec bannières et statues portées, empruntait la rue de l’Église jusqu’à la route nationale ; en chemin, elle s’arrêtait aux chapelles Notre Dame des Affligés, Notre Dame de Grâce et Notre Dame de Lourdes.

Les processions eucharistiques se déroulaient deux dimanches consécutifs et suivaient des itinéraires différents : l’une se rendait à la chapelle St Roch tandis que l’autre visitait Notre Dame du Sacré Cœur.

Toutes ces processions disparurent dans les années 50.

Personnages célèbres

Une reine d’Angleterre au château de Bugnicourt

Ce fut sous le pontificat de Gui d’Auvergne qu’on vit encore une reine proscrite chercher asile dans le diocèse de Cambrai.

Isabelle de France, comme il est dit plus haut, dans la partie ‘Historique’, entra en Ostrevant et en Hainaut, accompagnée de son fils le prince de Galles, en août 1326, avec toute sa suite.

On sait maintenant comment Jean de Hainaut, sire de Beaumont, frère du comte, vint à Bugnicourt recevoir la reine, et comment, avec l’aide de tous ses preux et chevaliers hennuyers, il la rétablit sur le trône d’Angleterre avec son jeune fils qui devint Edouard III.

Il ne paraît nullement que l’évêque de Cambrai ait visité la reine fugitive, et qu’il soit intervenu dans cette grave affaire.

Isabelle, malgré tout l’intérêt qu’inspirait son malheur, était, aux yeux de l’Eglise, dans une situation irrégulière. Monseigneur l’évêque avait donc des motifs pour s’abstenir de la visiter.

Les promesses de fiançailles ayant été faites solennellement et réciproquement, le frère du comte de Hainaut, Jean de Hainaut, sire de Beaumont, partit aussitôt avec la reine et son fils, accompagné d’une foule de preux et de chevaliers de plus de 2700 soldats.

En vue de cette expédition, des réunions avaient eu lieu dans différents châteaux des environs, et en particulier dans celui de Bouchain, capitale du Hainaut.

Une fois arrivés en Hollande, tous embarquèrent au port de Dordrecht et firent voile vers l’Angleterre. Ils y débarquèrent sous la conduite de Jean de Hainaut et Eustache d’Auberchicourt.

Ils y firent prisonnier le roi Edouard II, avec le comte d’Arondel et Hugues Spencer, ses dévoués et illustres partisans.

Surpris à l’improviste, le roi Edouard II fut jeté en prison et dépouillé sur le champ de toutes les marques de son autorité royale. Edouard III, son jeune fils, s’empressa de s’en revêtir sous les applaudissements du peuple anglais.

De son côté, la reine Isabelle, n’oubliant pas la chaleureuse réception de Bugnicourt, fit d’Eustache d’Auberchicourt l’un de ses premiers conseillers d’état.

Le jeune roi Edouard III le créa chevalier de l’ordre de la jarretière, tout récemment établi dans ce royaume.

Cet Eustache d’Auberchicourt, seigneur très influent en ce temps-là, resta très attaché à la Cour d’Angleterre, en Guyenne, en Bretagne, en Flandre.

Il s’illustra dans les combats de la guerre de cent ans qui allait commencer.

Eustache d’Auberchicourt

Fils de Nicolas II d’Auberchicourt à qui appartenait la seigneurie de Bugnicourt à l’époque, Eustache reçut le commandement principal de l’armée anglaise à la bataille de Nogent sur Seine livrée contre les français le 23 juin 1359, où il fut blessé d’une de ces épées qui se jetaient à la main.

Plus connu sous le nom de Prince Noir, à la bataille de Poitiers, Eustache d’Auberchicourt, fut fait prisonnier.

Le roi Edouard, qui ne cessait de le protéger, le récompensa de ses glorieux exploits. C’est grâce à cette protection qu’il fit avancer aux plus belles charges du royaume son fils Jean et son frère Nicolas d’Auberchicourt.

Hélas, il est triste de dire que cet Eustache d’Auberchicourt fut l’un des plus redoutables chefs des grandes compagnies armées qui désolèrent la France entière.

Mi décembre 1359, Edouard III essaye avec lui de prendre Reims pour s’y faire couronner roi de France, mais échoue.

Revenu en Hainaut, Eustache est nommé gouverneur de Mons en 1362, et capitaine de Bouchain en 1364.

Il chevauche en Agenais, passe en Anjou fin 1369, et ramènera le roi de Navarre à Cherbourg. En mai 1370, il assiège Limoges avec les Anglais, puis le château de Rochechouart.

Fait prisonnier fin 1370, il est mis en rançon pour 12000 francs, passe ensuite au service du roi de Navarre.

Plus tard, il revint à de meilleurs sentiments et regretta son passé et sa vie de désordre, il mourut en 1373.

Son fils Jean d’Auberchicourt fut aussi créé chevalier de l’ordre de la Jarretière.

Cette branche des d’Auberchicourt, seigneurs de Bugnicourt et des environs, fut tellement considérée en Angleterre que les principales familles de ce royaume recherchaient ses alliances.

Traditions locales : Fête et Géant

C’est d’abord la fête du bœuf qui retrace une ancienne coutume.

Jusqu’au début du siècle dernier, dans nos campagnes du douaisis et du cambrésis, le mardi gras, les bouchers se plaisaient à processionner dans les rues des villages, un bœuf ‘harnaché et décoré’ qui servirait aux agapes du ‘décarêmage’, de la Pâques à la Pentecôte.

La tradition était très forte dans le pays.

C’est en 1989 qu’une équipe de bénévoles voulut renouer d’une certaine façon avec ces traditions anciennes.

C’est ainsi que, dans un premier temps, une broche géante fut construite et un bœuf de race ‘Bleue du Nord’, de ‘Label belle bleue’ fut cuit entier et dégusté par près de 1000 convives sous chapiteau, la grande fête rurale du bœuf était née.

Connaissant un succès grandissant, le Comité d’organisation de la Fête du Bœuf, soutenu par la municipalité, a souhaité dans un second temps créer son géant, comme il est de tradition dans le pays, le ‘Géant Bœuf’, que l’on processionne à son tour le jour de la fête du bœuf, fixé le dernier dimanche d’août, les jours de ducasse, et qui rejoint la ‘Ronde des géants du Nord’ pour des sorties extérieures.

Il fut baptisé en août 2002 du nom de Bugnus, en mémoire de l’origine du nom gallo romain de Bugnicourt.

Depuis une quinzaine d’années, les objectifs fixés sont de recevoir 20.000 visiteurs avec 150 bénévoles, de valoriser l’image du bœuf, son élevage, sa qualité, son mythe, et de renouer avec les traditions locales de convivialité dans la tradition des ‘grands marchés’ et des géants du Nord.

Sorcellerie

Le 3 novembre 1610 une femme de Bugnicourt, Marie Michèle, est bannie à perpétuité du village et de l’échevinage.

Un homme l’avait accusée, le 13 août, d’avoir fait avorter sa femme par trois fois et, comme elle avait la réputation d’être une sorcière, çà ne pouvait qu’être de sa faute.

Anecdotes

En 1965, l’armée convoitait 200 hectares environ de bonnes terres agricoles.

Pour éviter de voir 10 fermes de la commune vidées de leur outil de travail, une ‘chouannerie’, mouvement de résistance contre un tel projet, s’organisa spontanément dans la cité.

La pression fut telle que l’intention fut abandonnée, au grand soulagement des paysans de Bugnicourt.

Guérir les verrues est chose particulièrement facile et de nombreux procédés, tous aussi efficaces les uns que les autres, furent employés à Bugnicourt.

On dit qu’il suffisait de frotter sa verrue avec une couenne de lard et ensuite d’enterrer celle-ci, la verrue disparaîtra quelques temps après.

On recommande aussi de percer une limace au-dessus de la verrue, puis de la jeter. La décomposition des deux, verrue et limace, se fera en même temps.

Dans le village, quelqu’un achetait les verrues en pratiquant de cette manière : elle prenait deux fétus de paille comportant un nœud sur la tige, et les croisait au-dessus de la tumeur, avant de dire ensuite une prière tout bas.

Puis elle enterrait un grain de blé et, dès que le blé était sorti de terre, la verrue tombait.

Voir aussi le rebouteux à Marcq en Ostrevant.