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Lécluse

Origine Dès la préhistoire La Pierre du Diable La fin d'un Mythe Historique
Armoiries Spécificité Vestiges, curiosités L'Eglise Le Calvaire
La chapelle ND de Lourdes La chapelle Ste Rita La chapelle ND de la Délivrance La grotte ND de Lourdes Economie passée
Sangsues Cresson Fête locale Verlaine

Origine du village

A l’occasion de travaux de désenvasement des étangs, des sondages profonds ont révélé des traces d’occupations gallo romaines scellées par de la tourbe, qui suppose une mutation du paysage à la fin du 2è siècle, et tout laisse à penser qu’il y eut une dégradation climatique importante, les sites semblent s’installer plus haut, et l’emprise agricole décroît fortement.

Jusqu’au 3ème siècle, les gallo-romains incinéraient leurs morts et les enterraient à proximité des lieux d’habitation mais, en dehors des coutumes funéraires, la religion échappe encore.

La statuette de Mercure trouvée à Lécluse, montre que la culture gréco-romaine a pénétré jusqu’au fond des campagnes gauloises, mais qui sait quelles croyances ‘indigènes’ pouvaient se camoufler derrière cette imagerie religieuse ‘classique’.

La mythologie grecque nous raconte que le jeune dieu Mercure montra dès sa naissance, un caractère intelligent et curieux, un peu chapardeur, mais très ingénieux.

Il n'avait que quelques jours lorsqu'il inventa et fabriqua une lyre en utilisant une carapace de tortue et les boyaux d'une jeune vache qu'il avait volée astucieusement à son frère Apollon.

Mis devant son forfait, il sut intelligemment échanger son merveilleux instrument contre le troupeau entier des vaches de son frère et obtint en plus qu'Uranie, la muse du ciel, lui enseigne l'astrologie.

Après cela, il vola les outils d'Héphaïstos qu'il dut restituer et promit de ne jamais plus mentir. A ces mots, Zeus, son père, éclata de rire car il savait qu'il ne tiendrait jamais sa promesse.

Cependant, il lui pardonna et lui donna comme métier de guider ceux qui cherchent leur chemin, et de leur donner l'intelligence pour fabriquer les outils dont ils ont besoin, pour se sortir de situations périlleuses.

Mercure est le dieu des voyageurs et de toutes les sortes d'échanges (y compris la ruse et le vol).

Il est aussi le dieu de l'astrologie et du gai savoir, le dieu des carrefours, et celui que l'on devait suivre lorsqu'on allait rendre visite à Pluton dans le monde de l'au-delà.

A partir du 4è siècle, les mentalités évoluent progressivement, et l’incinération est abandonnée au profit de l’inhumation vêtue, en cercueil.

Lécluse devra son nom et son existence aux travaux de détournement de la Scarpe, vers 950.

Appelée Eclusa au XIIème siècle, Eclusa Juxta Duacum (l’écluse près de Douay) au début du XIIIème, Eclusa Castrum à la fin du XIIIème siècle, Lécluse, située aux marches de l'Ostrevant, sur les rives de l'ancienne Sensée, possède un long et glorieux passé.

Les vastes tourbières attiraient les eaux de la Sensée, formant un large barrage marécageux entre Etaing, Tortequesne et Lécluse.

Les romains y effectuèrent de grands travaux, d'où le nom de Lécluse. On y trouve encore autour du village, des vestiges de l'occupation romaine, des vases et des monnaies.

Dès la préhistoire

Le menhir de Lécluse est, avec le dolmen de Hamel, le mégalithe le plus célèbre du val de Sensée, des silex taillés jalonnaient également ses alentours.

Bien que difficile à estimer de façon précise, on peut penser que ces pierres gigantesques furent dressées par l’homme, il y a plus de 4.000 ans.

Connu depuis fort longtemps, beaucoup d'auteurs se plaisent à le citer avec toutes les légendes qui l’accompagnent.

Vous êtes ici en présence du mégalithe le plus imposant de toute la région Nord de la France. Voir aussi le Dolmen, à Hamel.

Le Menhir de la Pierre du Diable

Les habitants de cette région craignent de passer le soir par le chemin qui longe la hauteur où se dresse le dolmen et d'où ils voient la silhouette d'une autre pierre gigantesque se dessiner aussi au sommet d'un coteau, de l'autre côté des marais’.

A l’origine, la pierre de Lécluse mesurait 5m 83 hors sol, 1m 94 de largeur à sa base, et 0m 60 d'épaisseur.

Sa largeur diminue lentement de la base au sommet, et présente trois petites rigoles creusées sur sa face principale, les empreintes des griffes de Satan, furieux d'avoir été vaincu par un moine pour la construction d'un vaste bâtiment.

Peu avant la révolution de 1789, le Marquis de la Rianderie avait fait effectuer des fouilles et noté que la pierre était enterrée de cinq mètres.



A la fin de la grande guerre en 1918, les allemands dynamitèrent le monument, qui se brisa en plusieurs parties. Seules les deux parties hautes furent relevées par les monuments historiques, tandis que sa base fut vraisemblablement pulvérisée par l'explosion.

Hors, après l'acte de vandalisme de l'armée allemande, il est apparu qu'elle n'était enterrée que de un mètre environ, nous donnant une hauteur totale de six à sept mètres.

Sur la face tournée vers le village d’Etaing, Bernard Coussée y reconnaît l'image d'un nain avec son bonnet, les habitants du lieu l’appellent le gnome, tandis que sur l'autre, on distingue bien l'image du diable, avec les cornes.

La principale légende se rapportant à ce mégalithe raconte qu’un fermier de Lécluse, Antoine Wibault, ayant sa grange incendiée et ne pouvant rentrer sa récolte, acceptât de signer un pacte avec le diable qui, en échange de son âme, devra lui reconstruire sa grange avant le chant du coq.

C'était sans compter sur la malice de Françoise, l'épouse d'Antoine, femme sensée et craignant Dieu.

Alertée par le manège de son mari qui ne cessait de sortir, elle le suivit sur le seuil de la porte et vit une foule de diablotins reconstruisant la grange sous la direction du malin en personne.

Mise au courant du pacte, elle imagina alors d'éclairer le poulailler pour réveiller le coq, qui se mit aussitôt à chanter. Belzébuth, surpris et furieux, s'empara alors de la coupette, dernière pierre du pignon qu'il s'apprêtait à poser, et la projeta au loin, abandonnant la grange inachevée.

Cette légende se rapporterait à plusieurs menhirs de la région nord Pas-de-calais ainsi que de Bretagne.

Des écrivains lui donnèrent des noms différents : Bottin l'appelle « Epierre » en rapport avec l'appellation cadastrale de 1812 « borne épierre », Givenchy et Tailliar « Pierre des pierres » ou « Roche des pierres », mais le patronyme le plus utilisé est celui de la « Pierre du diable ».

Elle porte à son sommet une échancrure que l'auteur Dubois-Druelle attribue à la foudre vers 1875, mais déjà signalée par Bottin en 1804.

Classé monument historique en 1887, aujourd’hui c’est un bloc de grés trapézoïdal de 3m 20 de haut, large de 2m et d'une épaisseur de 80cm, qui se dresse sur la partie la plus élevée du territoire de Lécluse, entre les villages de Dury, Etaing et Récourt.

Le site a été réaménagé après le dernier remembrement, et un parking vous accueille désormais, près des dindonnières, où un chemin engazonné conduit le visiteur jusqu’au site.

Voir aussi la brochure ‘Le circuit des Mégalithes’.

la pierre de Tortequesne, la fin d’un mythe

Jusqu’à fin septembre 2003, différents écrits attestaient la présence d’un autre mégalithe sur le terroir de Lécluse, et il était dit :’ Il semblerait bien que le menhir de Tortequesne soit en réalité planté sur la commune de Lécluse, à proximité de la rivière qui sépare les deux villages, la Marche-Navire.

Terninck écrit que cette pierre serait enfouie sur le bord de la route Lécluse-Tortequesne, sous les terrassements provoqués par la rehausse de la voie.

Plutôt curieuse par les excroissances en forme de boules allongées qui entourent son sommet, elle a été baptisée du nom de « Pierre des lares ou ladres », mais porterait confusion avec la « Pierre des ladres » de l’ancienne léproserie de Lécluse.

Pierre Leroy précise qu'il s'agirait là d'un ancien menhir de près de 7m de hauteur s'élevant auparavant dans les marais, enterré lors de la construction de la chaussée par les romains.

Totalement invisible aujourd’hui, ce mégalithe se trouve sous le revêtement du trottoir, mais des travaux programmés prochainement visent à décaisser à nouveau la route…

Nul doute que le monument réapparaîtra sûrement à ce moment-là, avec sa légende…’

Ce mégalithe a effectivement été retrouvé, octobre 2003, et un rapport du Service Archéologique du Douaisis nous précise après étude de la pierre, ‘…il s’agit d’un grès mamelonné tout à fait ordinaire dans cette région sableuse où l’extraction des grés fut intensive au XVIIIè et au XIXè….

C’est, à n’en pas douter, la pierre qui est décrite dans le dictionnaire historique et archéologique du PdC, de 1874… C’est à l’évidence ce document qui a introduit une idée fausse reprise ensuite par tous les historiens locaux et régionaux…En conclusion, cette pierre naturelle ne saurait être à l’origine d’une légende celtique puisqu’elle se trouve dans un environnement au mieux médiéval….En dehors de son aspect décoratif, cette pierre n’a pas d’intérêt historique’.

Voilà qui met sans doute un terme, à une histoire vieille de 150 ans !


Historique

Les premiers travaux de dérivation se situent vers le milieu du Xè siècle, entre 930 et 950, le comte de Flandres Arnoul Ier s’empare d’Arras et de l’Artois, de Douai et de l’Ostrevant.

Ce puissant personnage comprendra tout l’intérêt du site douaisien et fera réaliser au profit de la ville, le détournement de la Scarpe par Vitry et Brebières.

Cette rivière venue d’Arras alimentera désormais les moulins et les fossés de Douai.

Ces vastes travaux d’aménagement hydrauliques comprendront aussi la construction de la chaussée de Lécluse à Tortequenne qui barre la vallée, détourne les eaux de la Satis (Sensée) pour alimenter la plaine de la Scarpe.

Le Comte y fera passer le chemin de Douai à Bapaume en y prélevant un péage, le transitum, dont le revenu sera donné aux chanoines de Saint Amé de Douai.

Avec le tonlieu (taxe) de Lambres et le péage de Lécluse, apparaissent les deux axes économiques majeurs qui animent la région de la Sensée au Moyen Age : la Scarpe qui emmène les grains de l’Ostrevant vers les villes flamandes, et la route de Bapaume qui relie la Picardie à la Flandre.

Pour contrôler et défendre le dispositif, les comtes de Flandres font édifier le castrum, château de Lécluse, celui de Vitry, et peut-être aussi celui d’Hamblain.

Suite aux invasions normandes, les barrages non entretenus permirent à la Sensée de reprendre son cours.

Sans cesse objet de convoitises, place stratégique, Lécluse changera constamment de mains au cours des siècles, et verra passer plus d’un personnage historique.

C’est ainsi qu’en 1102, l'empereur Henri IV, en guerre contre son vassal Robert le Frison, mit le siège devant le castrum de Lécluse, qu’il prit et brûlât, qu’en 1296, le roi Philippe le Bel s'empare de la ville, du château et de celui de Tortequesne.

Louis XI s'en empara à son tour, mais les paysans se soulevèrent, reprirent la ville, et furent défaits dès le lendemain, 21 juin 1481, par les français du maréchal de Gie qui fit raser la cité, en représailles.

1521, c’est François 1er qui, battant en retraite, passe la Sensée à Lécluse, tandis qu’en 1581, les français venant de Cambrai prennent la ville à nouveau.

Les espagnols la reprennent en octobre de l’année suivante, et y placent une garnison de 100 hommes.

La citadelle d'Arras assiégée en 1654 ayant souffert, les fortifications de Lécluse furent démontées et servirent à la reconstruction de la capitale de l'Artois. D’ailleurs, une petite partie des remblais de terre qui soutenaient les remparts en pierre existe toujours à coté du bois de Lécluse, dans un petit bois privé.

Après la destruction des remparts, le village ne présente plus d'intérêt stratégique.

En 1712 le comte de Broglie investit Lécluse et son château le 29 mars, mais attaquer sur le front de la Sensée est irraisonnable à cause des marais.

1806, c’est au tour de Napoléon, en route vers Boulogne chasser les Anglais hors de France, qui campe à proximité du village, on raconte encore qu’il vint se désaltérer avec ses officiers, dans une taverne au centre du village, baptisée depuis ‘Le petit Caporal’.

II subira encore beaucoup de dommages, suite aux guerres successives, passages de troupes, occupation danoise le 14 janvier 1816, forte de 200 hommes, et enfin allemande en 14 – 18.

Curieusement, certaines rues sont dédiées aux Poilus morts pour la France, ‘Impasse du soldat xxx’. La cité rend ainsi hommage à ses héros disparus.

Il en subsiste encore quelques unes, qui débouchent sur la rue des Liniers, et dans la Grand rue.

Armoiries

Les armoiries de la seigneurie de Lécluse, appartenant à la famille Diedeman de la Rianderie, issue de la famille des princes de Croÿ-Chimay, constituent les armes actuelles de la commune : ‘D’azur à trois éperons d’or, la molette en haut.’

Spécificité

Lécluse évoque le Mégalithisme et leurs légendes associées. La cité rend ainsi hommage à la présence sur son terroir du monument le plus imposant de toute la région Nord de la France, la Pierre du Diable.

Vestiges – curiosités

La léproserie (maladrie ou maladrerie, endroit où les malades étaient regroupés) dont il est déjà fait mention en 1207. Toujours érigées en dehors des agglomérations, celle-ci devait se situer entre l'ancienne route de Récourt et celle de Dury.

La Pierre des Ladres (lépreux), scellée sur un socle en face de la mairie, aussi appelée aujourd’hui ‘Clé de voûte’, fut offerte par le prince de Croÿ en 1530 pour l'édification d'une chapelle à la maladrerie, et devait servir de clé de voûte pour cette chapelle.

C’est lors de son inscription au registre des monuments historiques par Mr Guillouet qu’un doute est apparu, la taille d’une telle clé était disproportionnée au bâtiment, la chapelle eut été monumentale.

Elle est gravée aux armes de la famille des princes de Croÿ avec deux guépards, surmontée d'un heaume avec, à la base, le collier de la toison d'or.

Le moulin : vers 1850, Lécluse faisait tournait 2 moulins, l’un à vent, en direction du menhir, l’autre à eau, que l’on peut encore admirer.

Bâti sur la Sensée, à l'entrée du village venant de Tortequesne, ce bâtiment désaffecté est installé depuis très longtemps. Protégé par le château seigneurial puissamment fortifié, il était facile à défendre du côté de Tortequesne.

Le plus ancien propriétaire connu en était le comte de Boulogne, puis le comte de Flandre, Robert le Frison.

Bien qu'apparemment il n'existe pas de documents de référence, il semblerait bien que les moines bénédictins et cisterciens seraient à l'origine de ce moulin à eau.

En 1960, le canal d'amenée du moulin de Lécluse eut certainement été intéressant à étudier, il n'avait pas été modifié depuis sa construction.

Si la force motrice développée par ce moulin est indispensable à la seigneurie de Lécluse, la rivière Sensée qui l’alimente occasionne de multiples dégâts : ruptures de digues, débordements, ou provoqués par des barrages utiles aux ‘prés flottis’.

Bien entendu, ces dégâts n’étaient suivis d'aucune protestation, la plus grande partie des terres appartenait au seigneur de Lécluse.

Maurice Delchambre fut le dernier meunier de Lécluse, le décret du 28 avril 1962 déclarant d'utilité publique le détournement de la Sensée signera l'arrêt de mort du moulin.

En outre, la suppression de la rivière entraînera vite des conséquences sur une autre activité ancienne, la culture du cresson (voir plus loin).

L’église

Les églises se sont succédées au fil des siècles.

A Lécluse, deux auraient été détruites au cours des sièges militaires.

Trop vétuste en 1782, les habitants décident de la démolir pour la reconstruire. Hélas, juste après qu’elle soit rebâtie, la Révolution éclatera, et en 93, elle sera vendue pour la démolition !

Suite aux réclamations de quelques villageois, considérant que ce lieu servait à des fonctions ‘fanatiques’, la municipalité considéra plutôt que ce local était propre à l’extraction du salpêtre, matière très recherchée à l’époque pour la fabrication de la poudre à canon.

C’est enfin le 23 Germinal de l’an 11 que le conseil municipal décidera de réparer le presbytère pour le rendre au service du culte.

En 1823 l’église sera reconstruite à nouveau, et coûtera la somme de 42.440F.

Plus tard, comme beaucoup d’autres monuments de la région, l’église sera une nouvelle fois anéantie, en 14-18, et il n’en restera qu’un pan de mur. Elle se relèvera encore une fois de ses ruines en 1930. Entre temps, une église provisoire en bois accueillit les fidèles, elle fut offerte aux paroissiens par les souscripteurs du journal ‘La croix du Nord’.

La première cloche s’appelait Bernardine. Datant de 1749, elle fut enlevée par les allemands en 1917 pour être fondue.

La nouvelle cloche sera baptisée du nom de Aline Jeanne, de ses parrain (Jean-Baptiste Lefebvre) et marraine (Aline Collignon).

On ne peut évoquer l’église du village sans y associer Mademoiselle de la Rianderie, bienfaitrice par excellence. Bien souvent, elle prenait plaisir à participer à sa décoration.

Bizarrement, l’église tourne le dos au village.



Le Calvaire

A la croisée de la D956 vers Dury et de la D19 vers Ecourt, un espace boisé accueille le calvaire communal à la sortie du village.

Enfermé dans une abside au bout de la rue du Calvaire, le plan cadastral de 1866 faisait déjà mention du lieu inauguré le 4 juillet 1840.

Cinq siècles plus tôt encore, attestée en 1340, au centre du village, une grande croix de grès était plantée là qui, suite à une délibération de 21 vendémiaire an III (12 octobre 1794), fut débitée en pavés pour revêtir la rue de la Flaque.

C’est le curé de Lécluse, Paul Delmotte, qui fit construire la croix actuelle consacrée le 9 juillet 1961 par Mgr Jenny, archevêque de Cambrai.

La représentation du Christ est rigoureusement identique à celui d’Aubencheul, Estrées, Goeulzin et Hamel.

Depuis son inauguration en 1961, le prêtre y procède, tous les cinq ans, à la bénédiction du buis le jour des Rameaux.

Chapelle Notre Dame de Lourdes

En bordure de la rue Saint Roch, dans le village, est encastrée cette chapelle privée dans le mur de clôture d’une ancienne ferme.

La famille de la propriétaire actuelle avait fait vœu de bâtir une chapelle en cas de guérison de l’un de ses membres, le vœu fut accompli, la chapelle aussi, vers 1938-39 par l’entreprise Droupsy de Hamel.

Le mobilier n’aurait été apporté que plus tard, ce qui explique que les processions ne s’y arrêtaient pas.

Au travers des vitres, on distingue une scène inspirée par les apparitions de Lourdes, Bernadette Soubirous, agenouillée, contemple face à elle la Vierge sur son rocher.

Voir le culte de Notre Dame de Lourdes à Marcq en Ostrevent.





Chapelle Sainte Rita

Voisine de la maison sise au n°4bis de la rue du Calvaire, la chapelle communale Sainte Rita était auparavant consacrée à Notre Dame de Grâce.

Elle apparaît déjà en 1733, établie en dehors du rempart. Tombée ensuite en ruines, elle fut relevée par la famille Prince qui y attacha alors une rasière de terres, ‘afin de pourvoir à son entretien’.

On la retrouve ensuite sur le plan de 1812, près de la grande maison de l’aubergiste Bernard Thimotée et, en 1866, elle appartient alors à la veuve de François Pocquet, maréchal-ferrant.

De nouveau en ruines, elle sera reconstruite en 1868 par le maire de l’époque, Mr Branque et, pour l’occasion, 11 ares de terres occupées par la veuve sont affectées à perpétuité pour l’entretien de la chapelle.

Durant tout ce temps là, elle était dévouée à Notre Dame de Grâce.

Elle ne recevra le vocable de Sainte Rita qu’à sa reconstruction en 1929, pour 6.000 F, financés par les dommages de guerre.

Haute de 1m27, Sainte Rita est vêtue de l’habit des religieuses augustines, robe, longue ceinture, voile noir et chaperon blanc, elle tient un crucifix et la couronne d’épines.

En revanche, elle ne porte pas de plaie au front.

Rita, abréviation de Margherita, naquit en 1381 à Cascia, en Ombrie (Italie), un mariage malheureux, et plus tard, une vie de prières, la rendirent populaire.

Jeune fille, elle voulait devenir religieuse, mais sur l'ordre de ses parents assez âgés, elle se maria à douze ans. Son mari, alcoolique, violent et infidèle, ne cessait de la maltraiter.

Rita supporta cette situation en silence pendant dix-huit ans et donna même deux fils à son époux. Un jour, on le ramena mort à la maison, sauvagement poignardé au cours d'une bagarre. Les fils jurèrent de le venger mais moururent peu de temps après sans avoir eu l'occasion de le faire. Rita se retrouva seule.

Elle chercha à entrer au couvent augustinien de Sainte-Marie-Madeleine de Cascia, mais on le lui refusa par trois fois, une des règles de la communauté précisant que seules les vierges étaient admises.

Toutefois, elle persista et finit par convaincre la supérieure qui l'accepta en 1413. Alors, la religieuse Rita se fit remarquer par sa pénitence et son assiduité à la prière.

Une fois, en 1441, comme elle priait devant un crucifix, une épine se détacha de la couronne du Christ et la blessa au front.

Elle fut saluée comme une mystique et conserva cette blessure pendant quinze ans, sans parvenir à la guérir. Elle passa aussi beaucoup de temps près des pauvres et pria pour les pécheurs, dont elle convertit un grand nombre.

Rita mourut de la tuberculose le 22 mai 1457 à Cascia.

Plusieurs miracles lui furent attribués après sa mort. Son corps, qu'on aurait retrouvé intact, fut transféré dans une tombe particulièrement imposante. Son culte fut approuvé par l'évêque du lieu.

Béatifiée en 1627, la stigmatisée ne sera canonisée qu’en 1900 par le pape Léon XIII.

On la célèbre encore beaucoup aujourd'hui spécialement en Italie. Elle est invoquée, comme Jude, pour les cas désespérés, et particulièrement par les femmes affligées par un mariage malheureux.

En raison de l'âge avancé qu'avaient ses parents à la naissance de Rita, elle est invoquée par les femmes qui attendent impatiemment la venue d'un enfant, ou par les femmes stériles.

Rita est devenue la patronne des charcutiers, elle protège de la variole, mais elle est surtout identifiée comme avocate des causes désespérées, on la fête le 22 mai, jour anniversaire de sa mort.

Chapelle Notre Dame de la Délivrance

Au numéro 4 de la rue Saint Roch, vous pouvez découvrir cette chapelle privée.

La chapelle fut fondée en 1832 ou 1849 par Jean Baptiste Lanséart, cultivateur, après qu’une des fameuses épidémies de choléra qui ravagèrent la France, épargna Lécluse.

Probablement détruite ainsi que la ferme en 1914-18, elle aurait été reconstruite à l’identique, alors que la maison actuelle se substituait à l’exploitation.

Sur la table de l’autel en bois qui barre le chevet, Notre Dame est vêtue d’une robe jaune à galon doré, et d’un manteau bleu.

Elle porte l’Enfant Jésus souriant, donnant la bénédiction de la main droite, tandis de la gauche il assujettit le globe terrestre sur ses jambes.

La chapelle devait être dédiée auparavant à Saint Roch, invoqué contre toutes les maladies, et qui donna son nom à la rue où elle est implantée.

La construction primitive devait être contemporaine d’une grave épidémie, le transfert de dédicace fut effectué lors de la disparition de la chapelle de Lécluse consacrée à Notre Dame de la Délivrance.

Elle est invoquée par les femmes enceintes afin d’assurer le bon déroulement de leur maternité, et par les fermiers pour leurs animaux qui mettent bas, la délivrance.

Grotte Notre Dame de Lourdes

Vous découvrirez cette grotte privée un peu à l’écart du bourg, dans la rue du Bois, quasiment en face du cimetière, à la lisière d’un bois de feuillus.

Elle fut édifiée là en reconnaissance de la guérison d’un enfant, en 1878, par Mme Feugey Labalette, et le 30 octobre une procession y amena de nombreux fidèles, à l’occasion de sa bénédiction par le doyen de Notre Dame de Douai.

La plaque de fondation est scellée dans le mur du chevet et porte l’inscription ‘Hommage et Reconnaissance à Notre Dame de Lourdes, ML, PL/JF, CF, 1878 // Réfection 16 mai 1952 J.F.

Autrefois, la procession de l’Assomption se rendait à la grotte et le trajet s’effectuait sans arrêts, aucun reposoir n’attendait le cortège sur le chemin.

De nos jours, la messe est toujours célébrée le soir du 14 août.

Au centenaire de sa bénédiction, en 1978, le concours de trois prêtres , les abbés Carette, Delmotte et Barbez, conféra à la cérémonie, une grande solennité.

Voir le culte de Notre Dame de Lourdes à Marcq en Ostrevent.

Economie passée

Au 19eme siècle le village possédait deux sucreries (voir à Villers), une à l'entrée en venant de Dury et la deuxième au milieu du village, l'une bâtie en 1848 et l'autre en 1864.

Il y avait aussi le moulin sur un bras de la sensée, deux brasseries, Dubois et Viltart, ainsi que de très nombreux commerces, en 1892 on comptait environ 40 cabaretiers.

Quelques rues portent encore la mémoire d’une activité artisanale intense, dont le rouissage du lin (voir à Féchain).

Sangsues

Insolite, une autre innovation prit une grande importance grâce au pharmacien de l’époque, Mr Briez, qui créa un élevage de sangsues dans de magnifiques et vastes réservoirs alimentés par les eaux vives de la Sensée.

Les sangsues sont des vers, apparentés au ver de terre, mais constituant une classe à part, celle des hirudinées, tout comme les escargots, elles sont hermaphrodites.

Elles possèdent une ventouse à chaque extrémité ; la ventouse postérieure a une plus grande puissance d'adhérence que la ventouse buccale. La plupart des sangsues vivent en eau douce, stagnante ou courante, et se nourrissent en suçant le sang d'autres animaux, poissons, reptiles, amphibiens et autres invertébrés.

Avec leurs 3 dents, elles mordent leur proie et leur injectent de la salive contenant un anesthésique, une substance qui empêche la coagulation du sang et une autre qui dilate les vaisseaux et rend ainsi le sang plus fluide.

Les sangsues peuvent absorber 3 fois leur poids avant de lâcher prise, ce qui leur permet de survivre plusieurs mois avant de trouver une nouvelle victime.

Elles ont longtemps été utilisées en médecine pour pratiquer des saignées, au début du siècle dernier.

Appliquée sur l’épiderme, elle utilise ses mâchoires pour couper la peau et ensuite prélève le sang, la bouche et les lèvres du petit animal créent un vide favorisant l'aspiration.

Après que la sangsue soit retirée, la blessure continue de saigner car le caillot ne se constitue pas immédiatement, les propriétés anticoagulantes laissées font encore effet.

La succion par elle-même dure une ou deux heures, pour une ponction de 200 grammes, et leur effet bénéfique permet d’obtenir une diminution de la douleur, et, pour l’arrêter, il suffit de saupoudrer les sangsues de sel ou de tabac.

De nos jours les sangsues médicinales sont toujours élevées, les produits dérivés servent à améliorer la circulation sanguine, combattre le stress, apaiser, soigner, et globalement assurer l’équilibre, la beauté et le bien-être, par la commercialisation de produits de soins de beauté.

De quoi rassasier les plus exigeantes !

Cresson

Le cresson de fontaine, était autrefois cultivé depuis 1 siècle et demi à Lécluse dans des bassins spécialisés de vingt cinq mètres de long sur trois mètres de large.

On en comptait environ 200 dans les années 1965, et quinze familles en pratiquaient la culture.

Les engrais naturels étaient interdits car ils favorisaient la prolifération de la douve, ver parasite très dangereux s'attaquant au foie des humains.

Une première foire au cresson sera inaugurée le 30 avril 1967 et permettra la découverte de la soupe au cresson, elle durera une vingtaine d'années.

Mais le détournement de la Sensée dans la Marche-Navire provoque l’assèchement des bassins, l'eau n'arrive plus, et les cressonniers réagissent avec l'appui du maire de la commune, et à l’aide du député, le conflit est porté devant le préfet du nord.

Une solution est trouvée, on installe deux pompes électriques qui prennent l'eau dans le marais et l'envoient dans les cressonnières, le cresson pousse à nouveau.

Quelques années plus tard les producteurs déchantent, le coût de l'énergie électrique utilisée pour pomper l'eau rend la botte de cresson non rentable, sonnant le glas d’une culture séculaire.

L’extraction de la Tourbe permettait l’alimentation en chauffage de 300 foyers en 1807, correspondant à 2500m3 de matière, et généra de nombreux conflits avec les villages voisins.

Voir la Tourbe à Brunémont.

Fête locale

Deux évènements sont encore fêtés de nos jours au village, la ‘ducasse du dernier dimanche de mai’, et, le plus important, le ‘Festival de Sensée’.

La ducasse de mai est une fête locale ordinaire, avec manèges et baraques foraines, tandis que le Festival de Sensée se veut être une fête plus élaborée.

Elle est articulée sur quatre axes principaux, le sport (cyclisme), l’histoire et la culture, la nature (balade en val de Sensée), et fête populaire.


Personnage célèbre : Verlaine

Originaire des Ardennes, Paul Marie Verlaine naquit le 30 mars 1844 à Metz. A l'âge de huit ans et demi, Paul est mis en pension à l'institution Landry dont les élèves sont conduits au lycée impérial Bonaparte (Condorcet).

Il est déclaré admissible au baccalauréat es lettres en août 1862, et en récompenses il a le droit de venir se reposer à Lécluse chez sa cousine Elisa devenue depuis 4 ans Madame Dujardin, tandis qu’à la rentrée, il fréquente l'école de droit.

Un sentiment amoureux naît chez Paul en 1863 au cours des vacances de septembre, mais sa cousine de 27 ans, mère de deux enfants, tempère son ardeur.

II passe alors le concours de l'hôtel de ville de Paris et est appelé à l'Administration Centrale au service des comptes et budgets.

Le 16 février 1867 tombe la mauvaise nouvelle, Elisa Dujardin, la tendre Elisa qui finança la publication à compte d'auteur des poèmes saturniens, meurt subitement.




C’est alors qu’il prend le train, descend à Vitry en Artois, et malgré le mauvais temps termine le trajet à pied.

Hélas, arrivant à Lécluse, il entend sonner le glas, il arrive trop tard.

Ce malheur anéantira Verlaine qui, pour le supporter, se mettra à boire et, dans un célèbre poème, Chanson d'automne, il se compare, à vingt trois ans, à une feuille morte, que le vent emporte, deçà delà...

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Le temps adoucit les douleurs et le 11 août 1870, il se marie avec Mathilde Maute à l'église Notre Dame de Clignancourt.

En octobre de la même année il s'engage dans la garde nationale sédentaire (la commune). A l'heure du reflux, il se cache et a peur, et se réfugie en juillet et août dans la famille de sa mère à Fampoux (près de Bapaume).

Octobre 1871 verra la naissance de Georges Verlaine.

Dès son retour à Paris, il fera la connaissance d'Arthur Rimbaud, mais cette fréquentation débouchera sur le divorce de Paul et de Mathilde le 24 avril 1874 aux torts et dépens du mari.

Après son divorce, avec Arthur Rimbaud commencera une vie un peu dissolue, il reviendra dans la région, à Arras, chez sa mère.


Le 10 juillet 1873, Verlaine tire deux coups de feu sur Rimbaud après une dispute particulièrement orageuse. Il est condamné par la justice belge à deux ans de prison à Mons; c'est là qu'il préparera les poèmes du futur recueil intitulé ‘Sagesse’.

Sagesse’ est publié en 1881 et le nom de Verlaine devient enfin célèbre.

La suite de son existence sera truffée de beaucoup d'événements, il terminera sa courte vie tristement, entouré de ses deux maîtresses, le 8 janvier 1896 entre sept et huit heures du soir.

2 jours plus tard, à l'issue d'un office à Saint-étienne-du-mont, un immense cortège se mit en route vers le cimetière des Batignolles.

Le 6 juin 1944, l’opération baptisée Overlord par les américains diffusait les vers de Verlaine pour annoncer le débarquement des alliés, prononcés à la radio de Londres: "Les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon cœur d'une langueur monotone" fut le message dicté en deux fois. Toute la Résistance se mit en action le même jour pour créer un climat d'insécurité dans le camp Allemand (plus de 3 000 km de voies ferrées par exemple furent détruites).

Seule une plaque rappelant le passage du poète à Lécluse, inaugurée le 16 avril 1945, est apposée au 51 grand' rue (maison d'Elisa).

Une légende dit qu’avant de sceller cette plaque, on aurait installé une bouteille et un verre, en mémoire de l'alcoolisme notoire du poète.