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Roucourt

Origine Armoiries Spécificité Le Pilori L'Obélisque
La Tour L'Eglise La chapelle Ste Anne La chapelle de la Vierge Immaculée Anecdote

Origine et historique du village

En 1804, trois sarcophages de pierre renfermant des ossements calcinés, des vases, poteries, anneaux de fer ont été retrouvés.

L’origine du nom de Roucourt signifie la cour ou la ferme de Rodulf.

A une époque où le besoin de solitude est presque aussi fort qu’aux premiers siècles du christianisme, de 1050 à 1180, les innombrables ermites et reclus qui, vivant dans l’indépendance complète à l’ombre d’un monastère, dans une hutte forestière ou dans une cellule accolée à un sanctuaire sont, pour les populations, à la fois des conseillers et des protecteurs, au point qu’après leur mort, le lieu où ils ont vécu devient un lieu de pèlerinage.

C’est le cas pour l’un des saints les plus populaires du Nord, St Druon, fils d’un seigneur de Carvin, qui s’installa au village de Sebourg et finit ses jours dans une chapelle attenante à l’église paroissiale le 16 avril 1185.

A Roucourt, pendant longtemps, les bergers qui le choisirent pour leur saint patron, iront se rassembler chaque année, le lundi de Pentecôte, à la ducasse.

La source de l’Ermitage, dans le bois de Bugnicourt, presque inexistante de nos jours et à l’abandon, devrait son nom, pense-t-on, au saint ermite Gordaine, ou Gourdaine, originaire de Douai, et dont la réputation de sainteté était grande dans la région, attestée par un grand nombre de miracles.

1137, Thierry d’Alsace, comte de Flandre, prend la Tour de Roucourt, y installe une garnison, et le fortifie.

1150, Bauduin IV, comte de Hainaut, réussit à s’emparer de la forteresse et de ses occupants, après des combats acharnés.

Peu après, Thierry d’Alsace reprendra le château après un long siège, et le fit raser, ainsi que toutes les fortifications, mais il sera reconstruit dans les années qui suivront, et ses pierres serviront aux chantiers de construction douaisiens du XVè.

1181, Gérard, prévôt de Douai blesse, à la suite d’une querelle, Renerum de Rocurt, son cousin. Mais le comte de Hainaut en est informé en revenant d’un tournoi à Blangi.

Regardant cette action comme un attentat aux lois et à la paix dans ses propriétés, le comte vint mettre le feu aux maisons du prévôt et ruina une forteresse qu’il possédait dans le même lieu, à Roucourt, et s’empara de tous les biens qu’il possédait dans le Hainaut. Précédemment rasée par Thiérry d’Alsace en 1150, elle ne devait pourtant plus avoir fière allure !

En 1200, il est fait mention de Bernier de Roucourt, homme du comte de Hainaut.

Au XIVè, la seigneurie était passée à la Maison de Masny, et appartint ensuite aux Renesse jusqu’au XVIIIè.

En 1424, il est fait mention du démantèlement du château fort :’…somme payée à des ouvriers pour avoir démachonné pierres et saquié hors de terre des fondations de la maison de Rocourt… autre somme payée à un charretier pour avoir été à Rocourt querquier les cars qui amenoient pierres à courouées, et démachonné audit lieu…

Comme le donjon de Cantin, celui de Roucourt a donc été victime des chantiers de construction douaisiens du 15è, remparts et beffroi.

En 1435, Guillaume de Lalaing acheta la seigneurie de Villers, ainsi qu’un autre fief que le seigneur de Monchecourt et de Villers possédait de son vivant sur Roucourt, et dont le dernier occupant, ou fermier, était un certain Jehan Godefroy, censier, et plus tard bourgeois de Douai.

1441, Arnoul le Carlier, bourgeois de Douai, vend aux mayeurs et échevins de Lalaing ‘toute le pierre que et en mes gardins de le motte seans en la ville de Roucourt…

Le fief de la Motte à Roucourt sera confisqué en 1571, il comprenait ‘une maison, coulombier et jardin contenant d’entrepresure une rasière’.

Les albums de Croÿ, en 1610, présentent au sud de l’église, deux tours rondes en ruine, reliées par une courtine. Au milieu du village, une tourelle à trois niveaux de circulation et toit à deux pans qui pourraient correspondre au fief de la Motte.

Les mémoires de l’ingénieur Masse du 18 février 1727, relatives à la carte des environs de Douai, citent : ‘Roucourt ou Roucoux, village situé dans une belle plaine où il n’y a rien de remarquable. On y voit les vestiges d’un château où il ne reste qu’une butte de terre. L’on y compte 28 feux. Il est dénué d’arbres, et est du Hainaut. Le comte de Masny en est seigneur.

Un dénombrement fait à Villers en 1763 précise ‘…vieu château ruiné et forteresse de Roucourt… la place du viel château dudit Roucourt, se consistant en neuf coupes trois quarreaux, tenant d’un bout au cimetière et à front de rue…

Au XVIIIè, le château sera reconstruit mais plus au Sud de l’ancien site, de style Louis XVI cette fois, par Jean François Bérenger, en 1765, commissaire général des fontes de l’artillerie de France. Le colombier date de cette époque.

Le pilori que vous pouvez admirer au bord de la prairie juste après le carrefour (voir plus loin), est quasiment intact, il fut édifié là en 1769.

C’est le maire de Douai de l’époque, Mr Pierre Maurand Becquet de Mégille, qui le racheta en 1790 pour en faire sa résidence de campagne.

Dès le 17 novembre 1793, dans les années de la Terreur, toutes les églises doivent être fermées, les signes religieux, croix, calvaires, sont démolis.

Des vestiges de souterrains ont été mis à jour en 1804 et 1806, ainsi que des sarcophages de pierre renfermant des ossements calcinés.

Les occupants de l’après Waterloo, les danois, édifièrent un obélisque, en 1816, pour honorer le séjour du prince Frédéric de Hesse Cassel. Voir la rubrique L’obélisque plus loin.

La Jasta 11 établira ses quartiers dans le château, pendant la bataille d’Arras et à la fin de ‘l’avril sanglant’ de 1917.

Incendié en 1918, il ne restera que les pans de mur calcinés ainsi que le parc et une partie de la ferme d’exploitation, au moment de sa reconstruction en 1920, par Georges Becquet de Mégille, le grand père du propriétaire actuel, qui restaurera l’édifice à son tour en 1998.

Aujourd’hui l’entresol, le pigeonnier, le portail d’entrée, et une partie des bâtiments de la ferme, sont les seuls vestiges d’époque de la propriété érigée en 1765.

Armoiries

Les armes actuelles de la cité sont celles de la famille Béranger, fondeurs de canons à Douai et seigneurs de Roucourt: 'écartelé d'or et de gueules’.





Spécificité

Des monuments exclusifs, qu’on ne peut admirer nulle part ailleurs qu’à Roucourt, lui servent de spécificité, les Monuments Atypiques.

Décrites plus loin, ces exceptions vous feront sûrement rêver.

Le pilori

L'homme est un loup pour l'homme, un monstre disait Montaigne, et il faut bien reconnaître que la frontière entre les deux est parfois bien mince.

Le pilori, la cangue ou le carcan, ‘douceurs’ héritées du passé, servaient à exposer les condamnés.

Toujours situé dans un lieu très fréquenté, la plupart du temps à l'église, chacun pouvait ainsi admirer le supplicié, et aussi le bombarder de quolibets et de projectiles.

Au carrefour de la D135 (Lewarde-Cantin) et de la rue Léon Poutrain, dans le pré, juste derrière la chapelle Ste Anne, ce monument de justice féodale, en pierre bleue, fut érigé en 1769, sur l’ancienne place publique. Sur une base à deux niveaux, taillé d’un bloc octogonal, le pilori est visible dans le parc du château. D’autres villages en étaient équipés, comme Cantin, et Marcq en Ostrevent dont il reste encore un socle, au pied de l’église.

Il servait à l’exécution des sentences prononcées au nom des seigneurs, seuls autorisés à appliquer la justice divine.

Les jours de marché par exemple, les condamnés à la peine de l’exposition publique et les coupables de délits mineurs y étaient enchaînés, maintenus au carcan ou au garrot, et subissaient la vindicte de la population.

La peine était destinée, disaient les juges, à favoriser un salutaire désir de repentance, et le tourment durait deux heures, laissant au détenu le temps de se repentir.

Bien souvent, les condamnés étaient des faussaires de tous genres, souvent des commerçants ayant truqué leurs denrées, beurre, huile, vin, … ou des femmes adultères. De même, les enfants trop turbulents et les maraudeurs, n'étaient pas à l'abri d'un tel châtiment !
On conduisait le condamné à pied, les deux mains liées, un écriteau devant et derrière faisant état du délit.

Le ‘patient’ était enchaîné à la charrette du bourreau jusqu'au lieu du supplice, parfois un simple poteau, un collier de fer de trois doigts de large avec ouvrant, passé autour du cou ; la chaîne était fixée ensuite sur le pilori équipé d’anneaux pour l’occasion.

Comble du raffinement, certains monuments étaient même dotés d’une pierre pointue au devant, pour obliger le condamné à s’y asseoir. La plupart du temps, un carcan de bois lui maintenait les mains au même niveau que la tête.

Quoique, en principe, le pilori n’était point conçu pour blesser ses hôtes, il n’épargnait pas leur amour propre, tandis que de nos jours, on s'acquitte discrètement d'un certain montant (ou d'un montant certain) sans ternir sa réputation aux yeux des autres.

Gageons que, si ces pratiques existaient encore, l'endroit serait fort occupé !

A l’époque, tout était bon pour se prémunir contre la douleur, et les marchands de sédatifs rivalisaient d’ingéniosité.

Dans une pratique criminelle, un magistrat au XVIIème, révèle à l'usage de ses confrères, un procédé prêté aux serviteurs de Satan : Albert le grand affirmait déjà que le torturé ne sentirait aucun mal si, préalablement, il avait pris la pierre nommée memphite, pulvérisée en eau et en beurre.

Le carcan a été aboli par la loi du 28 avril 1832, généralement fait de bois, il n’a pas résisté au temps.

L’obélisque

On y accède par le chemin de grande randonnée, le GR121, continuez la rue du Moulin, à Erchin, qui vous mènera au GR, à votre droite ensuite, l’obélisque se trouve 200 ou 300 mètres plus loin. Autre accès, par le ‘chemin des bœufs’ qui croise le GR, l’obélisque sera sur votre droite, et la Tour de Lewarde à gauche.

Après la bataille de Waterloo, perdue par Napoléon 1er le 18 juin 1815, la première préoccupation du nouveau régime fut l’organisation de l’occupation étrangère.

L’attitude des alliés envers les français ne fut plus la même qu’en 1814. Irrités, ils

furent plus durs, plus exigeants, et se considérèrent en pays conquis, commettant de nombreux actes de violence, particulièrement en province.

Outre l’hébergement, des transports pour le compte des alliés furent imposés à la population.

Le traité de Paris, signé le 20 novembre 1815, prévoyait en effet que notre pays serait occupé par une armée de 150.000 hommes comme garantie de paiement d’une dette de guerre de 700 millions de francs, et pour le maintien de l’ordre. Il fut décidé que les troupes danoises prendraient possession de la place forte de Bouchain et des environs. Aussitôt, le roi du Danemark rassembla ses soldats et nomma son cousin, le prince Frédéric de Hesse Cassel, général en chef du corps danois.

Masny et Lewarde, par exemple, durent subvenir à l’entretien de troupes danoises. Le 12 janvier 1816, la commune de Lewarde reçut l’ordre de recevoir en cantonnement son Altesse sérénissime Monseigneur le Prince Frédéric de Hesse Cassel, général en chef de corps d’armée, de Sa Majesté le Roi de Danemark, et sa suite.

Ce prince avait choisi Lewarde, où se trouvaient deux châteaux. Dès le 18 janvier 1816, il s’installa dans le plus grand des deux, qui était un peu à l’écart du village, avec son épouse et toute sa suite. Le 29 juillet 1818, le maréchal de Wellington passera à Lewarde, pour emmener le prince à une revue de troupe, et honorera de sa présence un grand bal donné au château.

Le prince et sa suite furent logés au château des Vésignons, situé à l’orée du bois de Lewarde, les autres officiers et soldats furent hébergés, avec domestiques et chevaux, chez l’habitant.

Le registre des naissances d’Erchin signale que des hussards danois furent aussi cantonnés dans la commune. Il arriva même que des idylles se nouèrent entre ceux-ci et des demoiselles du village, une naissance eut lieu en octobre 1817, le père, Frédéric Enne, était un soldat du régiment de hussards.

Le prince, sa suite, et ses soldats, quittèrent Lewarde fin octobre 1818, et le reste des troupes d’occupation, la région, en Novembre.

Voulant marquer le passage de leur prince dans notre région, et aussi pour occuper leur temps, les soldats de son régiment honorèrent sa mémoire, en lui élevant ce petit monument. Edifié à la limite de la seigneurie des Vésignons et de celle de Roucourt, il représente une sorte d’obélisque, fait de briques, avec un soubassement de grosses pierres, d’une hauteur d’environ 11 mètres.

Depuis cette date, traversant les années, l’obélisque est toujours là, intrigant les promeneurs qui arpentent les sentiers des bois de Lewarde et d’Erchin, sur le GR121, chemin de Grande Randonnée.

Abrité par les feuillages des arbres qui l’entourent, il a résisté aux intempéries. Quelques briques ont disparu, par suite d’usure, ou de gestes indélicats, mais sa masse, en grande partie, est intacte.

Cet obélisque est situé à la limite du bois de Lewarde, sur le territoire de Roucourt. On l’appelle aussi ‘la pyramide’, et le bois qui l’entoure est nommé ‘bois de la pyramide’.

La Tour

L’ouvrage familièrement appelé ‘la Tour’, fut construit au début du 19ème, dans le bois de Lewarde, par le Comte d’Hespel, propriétaire.

On y accède par le GR121, de l’autre côté du chemin des bœufs, décrit à l’obélisque, l’escalier qui remonte au GR vous mènera à cette tour, 400m plus loin sur votre droite.

Autrefois, elle servait de point de rendez-vous de chasse.

De valeur stratégique, par sa position et sa dimension, haute de 15m et d’un diamètre de 3m50 environ, elle ne comporte qu’une petite salle pas plus haute que 2m50.

En faisant le tour, vous apercevrez sous les soubassements de grès, les traces d’une ancienne construction. Il s’agirait d’une des tours de l’ancien château qui accueillit le duc de Wellington, de passage à Lewarde, sur les ruines de laquelle cette tour fut élevée.

Il semblerait qu’elle n’ait jamais servi à autre chose qu’à l’observation.

Aucune ouverture n’existe laissant supposer l’existence d’une pièce supérieure.

L’église

C’est en 1079 que l’évêque de Cambrai, Gérard II, fonde l’abbaye d’Anchin à laquelle Roucourt est rattachée.

L’ancienne église fut construite en grès, sa porte cintrée portait la date de 1768, date de sa restauration par les Renesses, l’entrée se faisait du côté du presbytère, et le chœur donnait sur la petite place.

En 1844, la commune refuse qu’une ‘succursale’ soit établie à Erchin, commune voisine plus importante. Ce refus traduisait la crainte de voir le prêtre s’occupant des deux villages, s’installer en dehors du village, ce qui s’est d’ailleurs produit après la dernière guerre.

La foudre, en 1870, provoquera l’incendie du toit de l’église, et son clocher tordu n’eut plus la fière allure précédente.

Vu l’état lamentable de l’ensemble, le conseil municipal décidera sa reconstruction, orientée cette fois de 90° pour permettre au porche d’entrée principale, plus au centre du village.


Durant ces années, et jusqu’en 1883, les cérémonies eurent lieu dans une grange.

Le cimetière, disposé autour du monument, dût être déplacé du fait de ses nouvelles dimensions. A l’époque, les morts étaient enterrés dans le champ de Valéry Collet, et il en est d’ailleurs resté l’expression ‘T’as bien le temps pour aller dans le champ de Valéry’ !

Bien qu’elle soit dédiée à St Amand (voir saint Amand à Aubigny au Bac), une dévotion particulière l’est à Saint Druon, patron des bergers.

Une confrérie de Saint Druon fut même créée, toujours active depuis plus d’un siècle maintenant.

Chaque Lundi de Pentecôte, une messe suivie de sa procession drainait les bergers des communes de la région. Aujourd’hui encore, cette tradition est toujours perpétuée, et elle rassemble les familles dans les rues du village.

Druon (ou Drogon), naquit à Épinoy (aujourd'hui Carvin-Épinoy, Pas-de-Calais) vers 1118.

Il ne connut pas ses parents et dès qu'il le put, s'engagea comme berger chez une riche paysanne de Sebourg, près de Valenciennes, dans le souci de se consacrer à la solitude de la prière.

Après six ans de ce métier, il partit pour Rome en pèlerinage; il s'y rendit neuf années de suite, visitant en route les principaux sanctuaires de France et d'Italie.

Plus tard, sur sa demande, les paroissiens lui construisirent une cellule de reclus au chevet de leur église, où il y passa les trente ou quarante dernières années de sa vie.

Une ‘rupture d'intestins’ mit fin à ses voyages à Sebourg, le 16 avril 1189.

Lorsqu'il mourut, ses compatriotes d'Épinoy vinrent chercher son corps, mais le chariot qui l'emportait ne put jamais sortir du village, c’est la raison pour laquelle les reliques de saint Druon demeurent encore à Sebourg.

Depuis, il est devenu patron des bergers.

Chapelle Ste Anne

Au carrefour de la D135 (Lewarde-Cantin) et de la rue Léon Poutrain, la chapelle affectée à la commune sur le cadastre de 1865, fut construite en 1823 par Dominique Pamart et Michèle Devred, son épouse.

Au dessus de la porte, une plaque de gré porte une inscription remarquablement sculptée : « Je vous salue sainte Anne, mère de la mère de Dieu – P.P.N. (Priez pour nous) ».

Les outils de l’ouvrier dégrossisseur de pierre -autrefois appelé Croqueteux dans le Douaisis-, équerre, pic et compas y figurent, tandis que sous la plaque, les fers à cheval sont la signature de Clément Pamart, maréchal-ferrant qui, vers 1950, posa les tirants et les ancres pour consolider l’édifice.

A l’intérieur, l’autel, surélevé d’une petite niche qui logeait Sainte Anne.

Cette statue était sans doute une Sainte Anne ‘trinitaire’, c’est à dire portant Marie qui tient elle-même l’Enfant Jésus dans ses bras.

L’expression du visage de Sainte Anne est figée, froide, et son regard est vague.


Anne apparaît dans un texte du IIè siècle après J-C. Les circonstances de sa maternité tardive sont empruntées à l’histoire d’Anne, mère de Samuel, relatée dans l’Ancien Testament, Marie serait née d’un baiser échangé entre Anne et Joachim à la Porte d’Or de Jérusalem.

On ne connaît aucun détail de sa vie sauf que, selon la légende, elle serait morte à 78 ans alors que Marie n’avait que 11 ans, et que par conséquent elle aurait accouché à 67 ans, ce qui explique son invocation par les femmes qui souhaitent un enfant à un âge avancé.

Le culte de sainte Anne, ‘gracieuse’ en hébreu, fut ramené d’Orient par les Croisés. Populaire en Allemagne dès le Moyen Age, il connut une formidable impulsion en France avec l’apparition en 1623 de sainte Anne d’Auray qui donna naissance au plus grand pèlerinage breton.

Il se développa surtout avec la naissance de Louis XIV, fils tant désiré d’Anne d’Autriche.

Fêtée le 26 juillet, sainte Anne est la patronne des mères de famille, femmes enceintes et nourrices, institutrices, ménagères et lingères, couturières et raccommodeuses, dentellières, tisserands et fripiers, menuisiers, ébénistes, tourneurs et tonneliers, fabricants de balais, meuniers, orfèvres, marins et sapeurs-pompiers !

Un dicton lui est dévolu : ‘S'il pleut à la Sainte Anne, c'est tout de la manne’.

Elle est souvent vêtue d’un manteau vert, couleur de l’espérance.

Chapelle de la Vierge Immaculée

Dans le village, toujours sur la D135 Lewarde-Cantin, cette chapelle privée se tient devant le n°36 de la rue Fernand Savary.

Une première trace de cette chapelle est remarquée sur le plan de 1865, les frères Verdière, agriculteurs à Roucourt, en sont propriétaires.

Elle fut vraisemblablement construite entre 1854 (proclamation du dogme de l’Immaculée Conception) et 1865.

Une grande plaque triangulaire en pierre blanche mentionne « Reine Immaculée, Ô Marie, notre Mère chérie, priez pour nous ».

Sur la table d’autel est posée une grande statue de la Vierge, sans l’Enfant, qui foule au pied le Serpent.

La fête de la Conception de Saint Anne se déroulait déjà le 9 décembre à Constantinople, au début du VIIIè, et Marie était déjà honorée en tant que mère de Dieu par l’Eglise grecque vers 750.

La fête de la Conception de la Vierge Marie fut introduite dans le calendrier romain en 1476, mais l’essor de ce culte s’intensifiera quand Pie IX l’érigera le 8 décembre 1854, en dogme de foi selon lequel Marie, en raison de la conception virginale du Christ, a été préservée du pêché originel qui frappe l’humanité depuis la chute d’Adam et Eve.

Les apparitions miraculeuses de Lourdes en 1858 contribueront fortement au succès de cette dévotion, sa fête est fixée au 8 décembre.

Le village de Roucourt comporte une confrérie de Saint Druon, enrôlant presque tous les habitants ; cette confrérie est antérieure à 1750 comme l’atteste un ancien registre paroissial.

Chaque lundi de Pentecôte, après la messe, une procession en l’honneur de saint Druon, patron des bergers, s’arrête aux deux chapelles du village ; on déploie les bannières et on porte le saint sacrement , la statue de la Vierge et le buste reliquaire de Saint Druon, c’était la procession la plus importante de la paroisse, et la seule qui ait survécu dans la région.

Autrefois cinq processions avaient lieu à Roucourt à des dates différentes, et toutes empruntaient le même trajet : église, rue Elie Dessaint, rue Fernand Savary, rue Léon Poutrain, rue Louis Maillet et retour à l’église.

Un reposoir était dressé à chacune des deux chapelles, et quelquefois un troisième était même installé au château, propriété des Becquet de Mégille.

Anecdote

La Saint Druon. Dans les années d’entre deux guerres, les bergers du Douaisis, et même ceux du Pas de Calais, assistaient en grand nombre à la procession du Lundi de la Pentecôte.

Il en venait de tous les environs, selon les souvenirs de Mr Podevin, ancien berger de Bugnicourt.

Ensuite, ces bergers se réunissaient pour prendre un repas en commun dans un estaminet, près de l’église.

Mr Podevin se souvenait de ces repas où ils se retrouvaient à une bonne trentaine !