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Villers au Tertre

Origine Historique Armoiries Spécificité Son et Lumière
Le Souterrain La Place du Mont Tilleul Le Château L'Eglise La chapelle ND de Bonne espérance
La chapelle St Roch La chapelle des 3 Thérèse Le fameux Calvaire Nicaise de Cambrai Ponthus II de Lallaing
Le Marquis de Trainel Joseph Houdart Le Spectre du cimetière Fête locale Les Géants
Vous pouvez vous procurer le CD ROM de l’histoire de Villers et des environs en contactant directement Michel Carlier.

Origine du village

L’origine du village remonte probablement à l’époque gallo romaine, vers +250 après JC.

Jadis, des médailles ont été retrouvées, monnaies anciennes et gauloises, restes de maçonnerie, débris d’armes, un abreuvoir, et surtout, de nombreux puits.

Près du Mont Tilleul on trouva, en 1931, lors de la réfection d’une ferme, un puits et une source, 3 à 4 larges grès permettaient d’y descendre. Cette ferme se trouvait au croisement de la rue d’Erchin et de la rue de Fressain (n°2 rue de Fressain).

Il s’agit certainement de la source ‘Fontigny’, dont il est fait mention en 1502 (fief de Montigny), Fontigny évoquerait d’ailleurs ‘fons ignis’, comme Montigny. D’autre part, les gaulois utilisaient aussi les hauteurs de Montigny en Ostrevent pour transmettre des signaux au moyen de feux.

Toutes ces découvertes accréditeraient la présence des gaulois, et peut-être, d’une garnison romaine sur les monts de Villers.

Il est vraisemblable de penser qu’un camp gallo romain exista entre les trois villas de Bugnicourt, Cantin, et Villers.

Des fouilles, entreprises en avril 2004, derrière le château, ont mis à jour des fossés d’époque gallo-romaine, et des traces d’habitat d’époque mérovingienne (du 7ème au 8ème siècle), avec des cabanes dont les parois et les toits sont maintenus par des poteaux en bois. De même furent repérées une quinzaine de sépultures. Par contre, les débris de tuiles et de briques en cet endroit sont réels, et l’on en trouve aussi en quantité non loin de la « fontaine Buot ».

Par contre, dans les parages, des débris de tuiles et de briques authentifient bien la présence de cette ferme.

D’ailleurs, au lieu encore appelé aujourd’hui ‘fontaine buot’, et autrefois ‘camp d’el fontaine’, on a mis au jour dans les années 1850 à 1870, une dizaine de puits en grès creusés jusqu’à la naissance de l’eau, ainsi qu’un large abreuvoir pavé lui aussi en grès du pays, et disposé de manière à être alimenté par les eaux de la fontaine ‘buot’, ainsi qu’une tombe militaire, taillée dans un de ces larges et longs grès tout bosselés, comme ceux qu’on découvrait là jadis.

Ce grès avait été écartelé en deux, pour recevoir le guerrier avec son arme au côté sans le gêner d’aucune façon, attendu que les deux grands morceaux de dessus et de dessous se trouvaient superposés et séparés l’un de l’autre par quatre petits grès placés à l’intérieur et aux quatre coins, formant sépulture.

Au contact de l’air, et par suite des attouchements plus ou moins volontaires des ouvriers, le squelette et son arme tombèrent en poussière et seuls les gros os et le crâne résistèrent suffisamment pour être portés au cimetière de la paroisse.

Du latin Villare, qui est un diminutif du mot Villa, Villers a donc pu signifier une petite demeure et, par extension, une ferme, une agglomération, un petit village et, comme ce village se trouve sur une petite éminence, on ajouta : ‘au tertre’, pour le différencier des autres villages de ce nom dans la région.

Historique

Vers 975, naissance de Roger 1er de Wavrin, qui sera à l’origine de la famille des ‘De Villers au Tertre’.

En ce 12è siècle, l’église existe déjà, mais c’est peut-être la chapelle seigneuriale car, d’après des découvertes faites par des ouvriers au cimetière actuel, début 1900, des vestiges de fondations de murs ont attesté qu’elle communiquait avec le château.

De même est signalé à Villers un ‘moulin à ayde’, qui se trouvait en face du jardin de la tour. Il était manœuvré par la seule force des hommes, pour en actionner les deux pièces, car il n’y avait pas de rivière dans le village.

Dans un vieux livre disparu, il était raconté qu’il fallait une matinée complète pour obtenir difficilement une mencaudée de farine, plus ou moins bien moulue.

En 1184, il est fait mention de Vileir, castellum in Warda, le comte de Flandre, à la tête de 500 chevaliers, d’environ 1000 cavaliers portant cuirasse, et 40000 hommes de pied bien armés, envahit le Hainaut en passant par le Cambrésis, et s’avance jusqu’au Quesnoy.

La guerre fait rage dans toute la région. On brûle, on pille, on se tue pour les châteaux, de leur côté les Douaisiens et les riverains de la Scarpe, sujets de Flandre, ravagent les campagnes voisines de l’Ostrevant et du Hainaut.

Le comte de Flandre lança, pendant deux jours ses chevaliers, ses sergents à pied et à cheval, ses balistes et ses mangonneaux contre le château de Villers. Mais il rencontra une défense vaillante et énergique de la part de la garnison.

Ayant beaucoup de pertes, tués et blessés, il fit honteuse retraite.

1187, première mention d’un seigneur, Anselmus de Viler.

Juillet 1214, à la célèbre bataille de Bouvines, les quelques soldats de Villers qui accompagnèrent leur seigneur et maître, durent marcher à la suite des arbalétriers de Douai, qui perdirent dans cette affaire, plus de 600 hommes.

Le 6 avril 1242, ‘Jou Mathieu d’Aubi, sire de Vilers el Tiertre…’, déclare être devenu homme lige de l’abbé d’Anchin. Henri Montigny fait de ce Mathieu d’Auby, sire de Villers, le chef de la famille des ‘De Villers au Tertre’.

En 1273, une charte de l’abbaye de St Aubert précise ‘Messire Aleaume, chevalier, sire de Vilers’. Il s’éteindra en 1289 et sera enterré dans l’église, sous un marbre bleu qui le représente armé, avec l’écu de ses armes.

Cette année là, il donna à Hellin de Villers, son frère, aussi chevalier, la terre du Sauchoy, voyant sa maison ‘tomber en quenouille’.

Villers sera ravagée comme beaucoup d’autres villages en 1340, par la garnison de Cambrai commandée par le duc de Normandie.

A la suite de ces pillages, les habitants de la rue d’Aubigny (dans le village), songèrent à se rapprocher du Montigny (Mont Tilleul) et du castel.

Une première église se situait peut-être dans cette rue d’Aubigny, au sentier de la tour, elle devait être très modeste, le village ne comptait qu’une vingtaine de feux (foyers), la tour devait être le clocher de cette église.

Le 23 février 1419, une description de la seigneurie nous apprend qu’elle comprenait une grosse tour et les restes d’un abreuvoir, laissant supposer qu’en cet endroit s’élevait auparavant, une maison de gentilhomme.

Les lieux-dits du vieux Villers, la tour, l’abreuvoir, le moulin à ayde, la grange de la dîme, la rue du presbytère, le warechaix, la maison du clerc, incitent à penser qu’une partie de l’ancien Villers se situait bien à cet endroit, à côté d’une maison de gentilhomme accolée d’une tour, dont le nom est demeuré sur le cadastre actuel (sentier de la tour), et qu’il s’agirait bien là de l’ancien emplacement du fief du Sauchoy.

Les soubassements en grès de cette tour furent retrouvés en ces années 1930, dans le champ de Marthe Lanciaux, propriétaire de l’époque.

En 1435, la seigneurie sera vendue à Guillaume de Lallaing.

La seconde église fut certainement construite à l’emplacement de la chapelle seigneuriale, elle existait sûrement déjà au 12è, à l’emplacement du cimetière actuel, qui s’enfonce dans le parc, et elle communiquait avec le château fort, des fondations en témoignent. Humble à ses débuts, elle devint par la suite de plus en plus belle et grande, au cours des âges, et la dame de Noircarmes, veuve de Philippe de Ste Aldegonde, y fera graver ses armes au-dessus du portail d’entrée.

En ce 14è siècle, Villers s’écrit comme de nos jours, et en 1481 il n’y a plus que 6 foyers (30 personnes), c’est le nombre le plus bas signalé dans le village, de 1365 à nos jours, les guerres de Louis XI des années précédentes ne doivent pas y être étrangères.

En 1505, la seigneurie de Villers sera unie à celle de Bugnicourt.

Fin octobre 1521, l’armée française de François 1er campe 3 jours sur le territoire du village et le détruisit, avec d’autres.

En 1545, Jacque du Broeucq, architecte renommé de Mons, fait les plans du nouveau château de Binche, et sera appelé pour travailler à celui de Villers en 1573.

Entre temps, Ponthus II entreprend la restauration du château en 1550, plutôt axé sur la beauté d’un bâtiment typique de la Renaissance, avec pignons à redents et larges fenêtres, le château n’aura plus l’apparence d’un château fort traditionnel du Moyen Age.

On peut supposer que Ponthus II de Lallaing, seigneur de Bugnicourt et Villers, vint définitivement habiter le château de Villers en 1553, puisque Henri II avait complètement détruit celui de Bugnicourt. Il y vivra jusqu’au 15 octobre 1557, date de sa mort. Voir aussi rubrique Personnages célèbres.

Bonne de Lannoy, qui aime le château de Villers, vint s’y installer la même année, et son époux Philippe de Ste Aldegonde Noircarmes devient donc le nouveau seigneur de Villers, Bugnicourt, et autres seigneuries. Ce seigneur fut le bras droit de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas en 1566, lors du soulèvement des gueux.

Membre de la confrérie des arbalétriers de Gand, il laisse à Villers un souvenir durable, car il y fonda une société d’arbalétriers qui se transforma ensuite en société d’archers, tir à la perche, à l’arc ou au berceau. Cette société avait son siège dans l’unique cabaret de la paroisse.

Le seigneur de Noircarmes écrit, le 25 juillet 1573 d’Utrecht où il se repose de ses blessures : ‘Messieurs, comme il est grand besoin et requis pour l’advancement des ouvrages de ma maison de Villers, que Jacque Dubroeucq y fasse un tour tant pour entendre et ordonner sur les bois et pièces qu’il convient d’employer….’, les travaux de reconstruction et d’embellissement du château vont commencer. Il ne les vit jamais, ses blessures eurent raison de lui, il décéda à Utrecht l’année suivante.

Au siège de Cambrai, en août 1595, se distinguèrent les trois fils d’Adrien de Villers au Tertre, le descendant de Hellin, Jean, Antoine, et Ponthus.

Vers 1595, érection du fameux Calvaire de Villers au Tertre, sous l’impulsion de la comtesse de Noircarmes, Bonne de Lannoy. Voir plus loin ‘Le Calvaire’.

Villers au Tertre est consigné en 1601 dans les albums de Croÿ (photo ci-dessus), le château apparaît en excellent état, ainsi qu’en témoignent ses beaux pignons à pas de moineaux, il est en pierre et couvert d’ardoises. On y repère un haut corps de logis, à toiture à deux pans, sur une des façades, un avant corps avec pignon correspond sans doute à un portail.

L’église de 1601 s’élevait à l’emplacement du cimetière actuel, non loin du château, et comprenait un vaisseau unique, et, à cette époque, le village apparaît très boisé.

Villers comptera 220 habitants en 1623, tributaires du moulin de Bugnicourt, les lieux dits sont le jardin de la Tour, des bois de Bruille, de l’Epinette, Roseau, et Lemaire. La ferme du château était appelée ‘Rossenlieu’.

Le 23 mai 1624, Bonne de Lannoy décède et laisse 5 enfants dont deux seuls survécurent, un fils et une fille.

Bugnicourt et Villers sont rattachés à la châtellenie de Bouchain en 1659, et dépendent de Mons.

Eugène Milon fut nommé Guarinier de Villers en 1661. Sans doute était-ce le garde des ‘garennes’, lieux boisés où les lapins vivent à l’état sauvage.

Sous Louis XIV, les armées françaises et ennemies ravagent les terres des seigneuries, celle de Villers n’échappera pas à la destruction, la comtesse, obligée d’administrer les biens de son époux ‘tombé en imbécillité’ achèvera de disperser les ruines jusqu’en 1706, une partie des pierres servit même à la construction de l’hospice des récollets, à Bouchain. Avant la Révolution, on pouvait lire sur une dalle dans le chœur de l’église de Villers, ‘François Cornille de Ste Aldegonde, mort imbécille et sans enfants’.

Villers deviendra définitivement française le 11 mai 1676, à la prise de Bouchain par les troupes de Louis XIV.

Suite aux guerres menées par Louis XIV, la région était dévastée et en 1712, il ne restait que des ruines de Villers, le château et l’église étaient fortement endommagés. Il ne restait, dans le château, qu’une grosse tour carrée et une autre qui sert de pigeonnier, éloignées l’une de l’autre, avec un corps de logis, la maison du fermier.

Cette année là, on parle déjà de la houille dans le grand dictionnaire historique de Louis Moreri ‘…grand nombre de bois, avec des mines de fer, de plomb, et des carrières de marbre. On y trouve encore certaine espèce de terre nommée houle, qui sert à faire du feu.’.

Claude Leblanc achète la seigneurie de Villers le 30 juin 1720, et celles d’Iwuy, Hordain, Fressain, Monchecourt et Bugnicourt. Ce nouveau seigneur sera l’un des personnages les plus influents de la première période du règne de Louis XV, malgré qu’une intrigue en fin 1722 le fera jeter à La Bastille, jusqu’en 1726.

En 1718 il était secrétaire d’état du département de la guerre, ou ministre de la guerre de nos jours.

La mort de Claude Leblanc le 19 mai 1728 fait héritière Louise Madeleine Le Blanc, épouse de Claude Constant Esprit Jouvenel de Harville des Ursins, et il faudra attendre 1746 et la mort de la marquise, sa mère, pour que le marquis de Trainel prenne possession personnellement de ses biens et vienne les administrer sur place.

Le 25 juin 1746, il est cité sous la qualité de seigneur d’Iwuy, Villers, Bugnicourt, Monchecourt, Fressain, Hordain.

Vers 1750, on parle de la ‘crête Malle’ ou Male, qui voulait dire mauvaise, au moyen age, du Mont Calvaire, de l’Ermitage, du bois roseau, du mont de la croix (ch’malcro), le ‘riez Masclet’, le ‘Fontenoy’, vallon où se perd la source du bois de Bugnicourt qui jaillit au bord du bois de la Garenne, non loin du Calvaire.

Viennent ensuite ‘le préau’ place de la Mairie aujourd’hui, ‘l’épinette’, le ‘bois Appas’, ‘l’ermitage’, bois de la source qui passait autrefois, pour avoir des vertus thérapeutiques, la ‘Rossenlieu’, le ‘bois des Soutenois’, la ‘Fontigny’ fontaine citée au début.

Le 15 septembre 1773, il est donné ‘Permission à Mr le marquis de Trainel d’exploiter provisoirement pendant un an, les mines de charbon qu’il a découvert dans ses terres de Villers, Bugnicourt, Monchecourt et Fressain.

Et, le 10 mars 1774, une première concession de 30 ans est accordée à la compagnie du marquis de Trainel, mais bien souvent les puits ne rendent pas ce qu’on en attend, à moins qu’ils ne soient envahis par l’eau.

C’est à Aniche que deux fosses furent creusées simultanément en 1777, Sainte Catherine et Saint Mathias, et c’est à Ste Catherine que fut découverte la houille, dans la nuit du 12 septembre 1778, à la profondeur de 70 toises.

Le 23 mars 1779, un événement important marqua l’histoire de Villers, et est encore relaté par la presse ‘Plein Nord’ en mars 1993 : ‘Il est quelquefois curieux de constater comment un événement qui se déroule dans un petit village du Nord de la France, peut être en relation directe avec notre grande Histoire de France et, parfois même, avec celle d’un autre continent.

Ainsi fut célébré, le 23 mars 1779, dans l’ancienne église de Villers au Tertre , modeste village du douaisis, un mariage qui fit se rapprocher, pour un instant, en ce lieu, deux familles qui devaient faire parler d’elles, l’une dans le domaine de la recherche de la houille, l’autre dans l’aide que la France procura à l’indépendance américaine, sous le règne de Louis XVI, la fille du marquis de Trainel, et le Vicomte de Rochambeau…

.Les jours qui précédèrent le mariage, l’on vit arriver, par la chaussée menant de Cambrai à Douai, un échantillon de tout ce que la noblesse de province comptait de fameux. Les carrosses avec leurs équipages surgissaient avec fracas de la rue de Fressain, bondissant ensuite sur le chemin de pavés bombés qui menait à la grande grille du château, parmi les villageois qui écarquillaient les yeux d’étonnement et de curiosité inassouvie.

Les langues allaient bon train car, de mémoire de villersois, une telle chose ne s’était jamais produite dans leur petite agglomération, même l’évêque d’Arras avait été convié pour bénir l’union des jeunes gens !...

.A Villers au Tertre aujourd’hui, seuls, dans le parc du château, quelques vieux arbres séculaires racontent encore cette aventure en agitant paresseusement leurs rameaux sous la caresse d’une brise venue de l’Ouest, peut-être d’Amérique, par delà les monts St Rémi. Une belle histoire a vécu, le temps a passé.

L a Révolution entraînera une période sombre de l’histoire de Villers, comme des communes avoisinantes, surtout envers les symboles religieux, les prêtres sont considérés comme des contre révolutionnaires, la fermeture des chapelles et oratoires est ordonnée le 25 juin 1791.

En ce 30 avril 1792, le département prend l’initiative de séquestrer les prêtres réfractaires à Cambrai.

Dès le 17 novembre 1793, toutes les églises doivent être fermées, les signes religieux, croix, calvaires, sont démolis.

Le 8 mars 1794 le marquis de Trainel fait l’objet d’une surveillance mais, paralytique, sera gardé à domicile, il décèdera le 6 octobre de la même année.

Le 21 novembre 1794 sera célébré le mariage du curé constitutionnel, un fils naîtra d’ailleurs le 10 mai 1795. Dans le diocèse, il y eut 66 prêtres mariés.

1 798, dans les années de la Terreur, le commissaire François institue une nouvelle prohibition des cultes, il ne veut plus voir de chapelles ni de calvaires le long des routes, plus de croix sur les clochers et dans les cimetières. Il ne veut plus entendre de sonneries de cloches et ne veut plus voir de statues dans les églises, il les fait fermer, et envisage leur vente.

L’église sera vendue le 11 février 1799 aux citoyens Alexandre Leriche, de Lille, et Lebague, de Douai, elle ne sera démolie qu’en mai.

Les habitants sont atterrés, et à l’angoisse succèdera la colère. Ils espéraient un adoucissement des lois antireligieuses, et voici qu’on veut démolir leur église, où eux et leurs ancêtres ont prié pendant des générations. De plus, elle a été restaurée il y a à peine dix ans !

Le 8 mai 1799, les Villersois empêchent les ouvriers de démolir l’église. Le fameux François écrivit au commandant de la place de Douai : ’Les acquéreurs de la ci-devant église de Villers, canton de Lewarde, viennent d’éprouver des obstacles pour la démolition de cette église, par un attroupement séditieux. Je vous invite à y faire passer sans retard quatre hommes armés, pour y protéger cette démolition…

Les quatre hommes armés n’y suffirent pas et le François dût envoyer l’armée, aux frais des villersois, pour qu’il se calment enfin.

Le coup d’état va remettre les choses à leur place le 18 brumaire, 9 novembre 1799, un jeune général de l’armée d’Egypte, Bonaparte, chasse les directeurs et fait voter une nouvelle constitution, la République fait place à une dictature militaire.

Le blocus continental décrété par Napoléon en 1806 va avoir pour conséquence, entre autres, de voir naître l’exploitation du sucre de betterave en France, et en particulier dans le Nord, où Villers se distinguera par la fabrique de Mr Houdart, dès 1812, voir plus loin.

Le 6 mai 1809, Joseph Houdart achète, pour 30.000 Frs, le château de Villers, au comte Louis Auguste d’Harville, fils du marquis de Trainel.

Tandis qu’un loup est encore abattu près de Lewarde, l’année suivante.

On parle de transférer le chef lieu du canton à Cantin, plus accessible qu’Arleux, en 1820, et le conseil municipal de Villers se déclarera même favorable au projet.

Armoiries

Le blason actuel des Villers au Tertre représenté jusqu’à nos jours possède 11 billettes en orle, et non pas 9. Le sceau d’Aléaume, de 1292, en comporte bien 11 et il doit s’agir, disait Robert de Villers au Tertre en 1966, d’une erreur de copiage du graveur en 1711, erreur qui s’est perpétuée.D’azur à un écusson d’argent, accompagné de onze billettes du même, mises en orle’.






Spécificité

Une densité exceptionnelle d’artistes, près de 8% de la population, à commencer par le célèbre Nicaise de Cambrai, natif de Villers il y a plus de 600 ans déjà (voir plus loin), ainsi que Nicolas de La Rue, bailli de Villers en 1669, acteur comédien, et tous les autres dans des disciplines très diverses, a naturellement contribué à faire de Villers au Tertre, la Cité des Artistes.

Le fameux ‘son et lumière’ de 1966

Le dimanche 11 septembre 1966, eut lieu, à Villers-au-Tertre, le premier spectacle « son et lumière » du Douaisis, et même du Nord.

L’idée de fêter le tricentenaire du rattachement à la France de notre région (1667) n’avait point encore effleuré les esprits. On peut le clamer bien haut, avec fierté : oui ! C’est à Villers-au-Tertre que l’esprit de ce projet a soufflé.

De plus, Jean Noël Carlier avait été impressionné par celui du château d’Olhain (Pas-de-Calais).

Villers possède encore un château, reconstruit après la première guerre mondiale. Le précédent avait été détruit en mai 1918. Pourquoi ne pas l’utiliser comme toile de fond, pour une reconstitution historique ? Les jeunes furent emballés. Il ne s’agissait plus que de réaliser ce projet, cette entreprise ambitieuse était de taille ; mais, dès lors, tout le monde se mit à l’ouvrage.

Comme l’histoire de Villers ressemble souvent, par bien des points, à celle des villages environnants, on fit appel aux volontaires de ces communes. Séduits à leur tour par cet audacieux dessein, les jeunes de Bugnicourt, Fressain, Erchin, Roucourt, Monchecourt, répondirent ‘présents !’. C’est pourquoi, durant plusieurs mois, dans ces villages, par le moyen de réunions d’information, puis, de nombreuses répétitions, il régna une intense et fébrile activité. En somme, chacun apportait sa pierre à l’édifice.

Pour conforter la chose, et mettre les adultes dans le coup, la future fête fut discutée et préparée avec le concours des autorités municipales de ces localités, l’Intercommunalité était déjà née !

Le programme de la fête du dimanche 11 septembre 1966 fut établi comme suit : Ouverture de l’exposition consacrée aux trésors inconnus de l’Ostrevant. De vieilles statues, des outils préhistoriques et gallo-romains, des archives, seront offerts à la vues des visiteurs, concert apéritif avec pique nique, variétés : ballets, chants….le soir, spectacle Son et Lumière proprement dit, représentant en 16 tableaux distincts l’histoire de Villers-au-Tertre, avec la participation de 110 figurants bénévoles.

Les tableaux retenus furent: Le camp romain, la légende de Nicolas de Lallaing guéri au tombeau de Saint Louis, les deux premiers seigneurs portant le nom de ‘Villers au Tertre’ : Aléaume et Hellin, Isabelle d’Angleterre reçue au château de Bugnicourt, la mort de Ponthus de Lallaing, la nomination de Philippe de ste Aldegonde de Noircarmes, Grand bailli du Hainaut et gouverneur de Valenciennes par la duchesse de Parme, la réception, par Bonne de Lannoy veuve de Mr de Noircarmes, du marquis de Roubaix, accompagné d’une pavane, à la Renaissance, le seigneur de Villers devenu fou est enfermé dans le donjon du château, le seigneur de Villers Claude Leblanc, aux prises avec les cabales de la cour de Louis XV, est nommé ministre de la guerre, embastillé, puis rétabli dans ses fonctions, la fondation des Mines d’Aniche par le marquis de Trainel, le mariage de Marie Françoise Eléonore de Trainel, le menuet du bal du mariage, l’annonce de la mise en vente de l’église et, dans une maison, l’émeute se prépare, l’émeute, une municipalité versatile qui, successivement , et avec autant de flamme, prête serment au roi, puis de nouveau à l’empereur, et enfin au roi, au moment des Cent Jours.

Enfin : Grand bal, avec Stan Karol et son chanteur Henri Dhainaut.

Une bande sonore fut enregistrée pour tout le spectacle, qui se déroulerait selon le procédé « Play-Back ». Beaucoup de jeunes prêtèrent ainsi leur voix, pour raconter l’histoire du lieu. Un villersois, chorégraphe amateur : Michel Carlier, créa les deux ballets (pavane et menuet). Un peu partout, les répétitions eurent lieu.

On prépara les écussons et les lieux du spectacle, les demoiselles et les dames à la décoration et costumes, et les messieurs aux décors, à la sono, et à l’électricité.

Mr et Mme Spatz, propriétaires du château à l’époque, permirent l’accès à la terrasse, d’où arriveraient les comédiens. Les jeunes gens de Villers installèrent des ballots de paille, des chaises pliantes, et des tables, dans la pâture ; ils accrochèrent aussi des guirlandes dans les rues. Paul Faidherbe, artiste peintre local bien connu, mit tout son talent à la décoration.

Enfin, il fut prévu la mise en vente d’une brochure retraçant l’histoire de Villers, racontée par Jean Noël Carlier, d’après les monographies précédentes des abbés Guidé et Dufour. Les jeunes s’attelèrent pour classer les pages et les relier, au moyen de pinces.

Dès le début du mois d’août parurent, dans la presse régionale, des articles relatant divers épisodes saillants de l’histoire du village, et annonçant la préparation de l’événement.

Au cours de la dernière semaine qui précédait la fête, un grand tapage de publicité fut organisé par voie d’affiches, et même, distribution de tracts, au moyen d’une voiture sonorisée, accompagnée de personnages habillés en costume Renaissance. On peut dire, sans aucunement exagérer, que, du 1er au 10 septembre, Villers fut une véritable ruche, bourdonnante d’activité.

A de rares exceptions, la quasi totalité de la population était concernée par ‘l’affaire’, et cela bouleversait le train-train de ce petit hameau, d’ordinaire si tranquille. Retrouvant son passé, ses racines, le village ne faisait plus qu’un.

Les moyens techniques d’alors semblent ridicules à côté de ce qui existe maintenant, et tout résidait dans la volonté de tous à réussir ce pari : réaliser dans notre petit village un spectacle ‘son et lumière’, et tout le monde y cru !

Le jour de la fête, le soleil voulut bien être au rendez-vous, et tout ce qui avait été prévu marcha à merveille.

Ce ne fut pas un succès, mais un triomphe’, titra un journal dans la semaine qui suivit. Dans l’après-midi, on ajouta un défilé de couples de figurants dans les rues du village, avec un arrêt dans la cour du château où ceux-ci saluèrent, avec un ensemble parfait, Mme Spatz et son mari qui les avaient accueillis sur le perron.

Les personnages, ainsi costumés, guidèrent les visiteurs à la pâture, et démarrèrent le bal sous le chapiteau, deux bals volants côte à côte.

L’afflux des spectateurs au spectacle ’Son et Lumière’ dépassa les espérances. Ce furent des milliers de personnes qui s’engouffrèrent dans la prairie. Il en vint de tous les coins du Douaisis, et de Navarre.

Les jeunes, grisés par la réussite de cette initiative, voulurent tous recommencer l’année suivante.

Cette fois c’est plus de 200 figurants qui y participèrent, et la télé régionale FR3 y rendit même hommage.

Le temps a passé. Les belles images qui étaient apparues là-bas dans la pâture, derrière le château de Villers au Tertre, se sont évanouies, comme si l’on avait rêvé. Qui sait, si l’avenir ne les fera pas ressusciter, un jour ?

Le souterrain

Le château fort de Villers, comme beaucoup d’autres, disposait d’un souterrain débouchant hors de la forteresse.

Par contre, rares sont ceux qui disposent, comme lui, d’une entrée encore visible de nos jours. On y pénètre par la cave du château actuel, en manoeuvrant une lourde porte de briques placée dans un mur, articulée sur de gros gonds métalliques.

Le départ d’un grand souterrain voûté envahi de terre se présente à vous après 5 à 6 mètres d’une avancée en position courbée.

Les avis sont partagés quant à la direction de ce souterrain et sa liaison éventuelle avec un autre château fort comme celui de Bugnicourt par exemple, ou avec la ferme de Ste Aldegonde d’Erchin.

Il est plus vraisemblable de penser que ce souterrain permettait de quitter le château ou d’aller chercher du renfort en cas de siège.

Pourtant, une lettre de l’abbé Guidé, de 1921, adressée à Mr Du Brusle, maire et propriétaire du château détruit par un incendie en 1918, laisse songeur.

L’abbé écrit littéralement : ‘J’ignorais que votre château fut détruit. Je le regrette, il avait son intérêt avec les armoiries de Ponthus de Lallaing et le souterrain, tel qu’on en trouve dans les légendes…

Plus loin il précise : ’…si vous pouvez conserver le souterrain, avec sa porte dissimulée, cela n’en vaut-il pas la peine ?...

Les rares personnes qui ont pu pénétrer dans le souterrain, avant l’effondrement du sol du parc, indiquent qu’il ne restait qu’un passage pour un seul homme, la petite voûte était en briques, on pouvait avancer sur 60 à 80 mètres, en direction de la pâture.

D’ailleurs, vers le coin de la muraille du parc, on peut toujours voir dans le mur un arrondi de briques indiquant la présence actuelle, ou l’emplacement, d’une ancienne voûte. En cet endroit, le souterrain est muré, tout cela sera peut-être éclairci un jour…

Voir aussi le souterrain à Cantin, et Marcq en Ostrevent.

La place du Mont Tilleul

Autrefois Montigny, aujourd’hui Mont Tilleul, mais en patois ‘Montainy’, Montigny, du latin Ignis, démontre que nos ancêtres, tant à Montigny en Ostrevent qu’à Villers au Tertre, auraient utilisé le feu comme signal.

D’ailleurs, la place de l’Eglise s’appelle encore, dans le patois du village, ‘ch’motin-ny’, mais en français, dans les textes anciens depuis le moyen age, cette place s’appelait Montigny. En 1502 il sera écrit ‘...manoir à Villers, sur le plache que on dit le Montigny…

Vers 1788 eut lieu la plantation des arbres que l’on connaît aujourd’hui.

Le château

Avant 1149, le château fort de Villers existe déjà. Il est plus ancien que celui de Cantin, bâti en 1149.

Il appartient au comte de Hainaut. Il a donc l’allure d’une forteresse, avec donjon, tours, pont-levis, cour intérieure, et entouré de larges fossés remplis d’eau.

Constitué de grès, faciles à trouver sur place, non loin du mont Calvaire, le castel, castellum, ou château fort, ou encore forteresse de Villers, remonte aux premiers temps de la féodalité.

Il était situé à 200m à l’est de l’église actuelle, à 70m d’altitude, à l’emplacement du petit château actuel.

En juillet 1186, il est fait mention qu’une tempête terrible, avec tonnerre, grêle et pluie, partant de la garde St Rémi, traverse le Hainaut dans sa longueur et le désole cruellement. Les moissons sont broyées, les arbres dépourvus de leurs branchages se dessècheront, les oiseaux, le gibier, les bestiaux, sont frappés à mort.

C’est Ponthus II qui entreprit sa restauration, en 1550. Avait-il encore l’aspect de la forteresse d’origine ?

Il avait dû souffrir aussi des armées de François 1er, mais devait avoir gardé quand même son aspect défensif.

Bonne de Lannoy s’en servit comme résidence secondaire à partir de 1557.

Représenté dans les albums de Croÿ en 1601 (ci-dessus), le château a l’air en parfait état. Il a maintenant l’aspect d’une demeure typique de la Renaissance, avec pignons à redents.

Le 30 juin 1720, la famille de Ste Aldegonde vendra ses 6 seigneuries hypothéquées, Claude Leblanc achètera celle de Villers. En 1727, le château est ruiné par les guerres incessantes, le marquis de Trainel entrera en sa possession en 1760 et le restaurera sous une autre apparence.

Le père Ignace, dont on a parlé lors des monts St Rémi disait, de ce qu’il en restait en 1715, qu’il y avait une grosse tour carrée (probablement le donjon), et une autre tour plus éloignée, ainsi qu’un corps de logis qui servait de demeure au fermier. On voyait aussi une terrasse large et carrée, ainsi qu’une grande cour, l’entrée se situait côté gauche.

Comme tous les châteaux forts, il était doté d’un pont-levis, et des murailles l’entouraient. Il y avait également la cense, le jardin potager, la basse cour.

L’abbé Guidé affirmait, d’après les renseignements connus, que l’ancien château de l’abbaye des Bénédictins de Wisques (62), reflétait la disposition du château fort de Villers.

Joseph Houdart le rachètera à son tour le 6 mai 1809, la guerre 14-18 ne l’épargnera pas non plus. Incendié accidentellement en mai 1918, il fut restauré en 1924, d’autres amoureux se succèderont à la propriété jusqu’à ce jour.

L’église

Celle que vous pouvez contempler aujourd’hui, dédiée à Saint Pierre et Saint Paul, place du Mont Tilleul, est la quatrième du village !

La première est supposée, on a relevé, dans le vieux Villers, le ‘chemin du presbytère’, ou un groupe de trois demeures, semblant provenir d’une seule, les trois entre les mains du curé, pour lesquelles il payait annuellement la dîme et les impositions communes à tous les habitants de Villers. Ce presbytère a pu être abandonné au XIVè siècle, lors de la construction, ou restauration de la deuxième église (ou chapelle) du château.

La seconde église fut la plus belle, elle se trouvait dans le cimetière actuel, à deux pas du château fort, on y abordait par la place du Préau (mairie actuelle) et par la petite ruelle qui va du Mont Tilleul au cimetière, cette petite ruelle portait jadis le nom de ‘ruelle de l’église’.

Construite en grès du pays, elle présente trois nefs, une croisée et le chœur. Son emplacement semble indiquer qu’elle fit jadis, en tant que chapelle seigneuriale, partie du castel de Villers au Tertre. Les murs du cimetière, qui devaient l’entourer autrefois, pénètrent carrément dans le parc du château, et, dans le mur du côté droit, on constate encore de nos jours des contreforts en grès. De plus, un ancien fossoyeur, en creusant une fosse, a prétendu avoir rencontré un jour les soubassements d’un mur dont la direction semblait indiquer que le château était en communication directe avec l’église paroissiale.

Dans les albums de Croÿ (voir ci-dessus), le dessin est simple, mais nous fait remarquer une façade éclairée par deux grandes baies, surmontées d’un oculus. Au centre s’élève un clocher trapu. Chacune de ses faces est éclairée d’une fenêtre dotée d’un abat-son. Ce clocher est surmonté d’une flèche élancée, où s’ouvrent de petites lucarnes dans chacun des quatre côtés, au tiers de sa hauteur. La partie inférieure de cette flèche déborde la tour de grès. Il semble que, dans son angle Nord Ouest, la tour soit également dotée d’une échauguette tronquée, ce qui laisserait entendre que cette flèche était d’une réalisation assez récente, et qu’elle en remplaçait une autre, au pied de laquelle on pouvait circuler sur un chemin de ronde. Le chœur de l’église devait s’achever par une abside polygonale.

Bonne de Lannoy, fit graver ses armoiries au-dessus du portail du clocher de l’église, et sur la table d’autel.

Une des 3 cloches portait la mention :  ‘Madame Bonne de Lannoy, dame de Mingoval, douairière de Noircarmes m’a donné pour nom Marie. 1610’. Elles sonnèrent à toute volée, le 23 mars 1779, lors du mariage de la fille du marquis de Trainel, avec Donatien de Rochambeau.

Le pavement de l’église était fait de très petits carreaux vernis, de couleur rouge. Dans le chœur, plusieurs dessins en carreaux de couleurs autres, en forme de losange, se conjuguaient avec une grande étoile, placée au centre, des pierres tombales se trouvaient sur les côtés, et à l’entrée du chœur. Dans les années 1930, on retrouvait encore, au fond de certaines fosses du cimetière actuel, quelques uns de ces petits carreaux rouges, jaunâtres et blancs. Le vernis était de si bonne qualité qu’il avait pu résister des centaines d’années.

Elle fut restaurée en 1788, on installa même une briqueterie sur le mont Tilleul, pensant ajouter une tour à cette église.

Vendue à la période de déchristianisation de la Révolution en 1799, elle fut détruite en mai.

La troisième église, quand à elle, était plus une chapelle d’appoint, les habitants utilisèrent un bâtiment et érigèrent en 1802 une petite chapelle avec une partie de l’ancien presbytère.

Le terme ‘succursale’ sera d’ailleurs utilisé pour désigner le lieu temporaire, à qui l’on adjoindra d’autres bâtiments pour y recevoir tous les fidèles.

Il fallut dix années de démarches à Maître Dewitte et toute la volonté des paroissiens pour que, enfin, la quatrième église voit le jour, en 1876. Sans être un chef d’œuvre d’architecture, ni d’une solidité remarquable, elle est cependant très belle en son genre, avec ses trois nefs, et son chœur bien dégagé.

De style Roman, construite en briques, la pierre blanche vergetée n’y apparaît que comme élément décoratif, à l’entrée, au pignon, dans les corniches et les fenêtres. Deux sacristies, placées à droite et à gauche du chœur, et sur le prolongement des deux autels latéraux, complètent son ensemble.

Le clocher est plutôt un campanile, car sa taille n’est pas remarquable, mais il a son importance dans le cœur des villageois, car il abrite l’unique cloche du lieu, bénite en 1926, sans laquelle la paroisse serait comme un corps sans âme.

Sur la façade de l’église est apposé un repère de l’I.G.N (Institut Géographique National) qui indique l’altitude de 76.55m au-dessus du niveau de la mer. Elle fut restaurée en 1925, 1958, 1986 et 1992.

Chapelle ND de Bonne Espérance

Elle vous attend à la sortie du village, à l’intersection de deux anciens chemins menant à Erchin, et à Masny.

Suivant une tradition des années 1610-1625, on y venait de loin pour y prier, comme le mentionne la fondation Hirchoux Pierre au début du XVIIè.

A l’origine, elle se trouvait à la place du cabaret ‘Lempereur’, sur la gauche de la route Villers-Masny, devenu maison particulière depuis.

Construite sur une pièce de terre grevée d’une rente, elle était entourée d’un petit flégard, chemin commun à plusieurs propriétaires, et fut revendiquée par le Conseil municipal sous le prétexte que le marquis de Trainel, seigneur du lieu et géant de Villers aujourd’hui, aurait pu s’en emparer en vertu de ses privilèges seigneuriaux.

Le cadastre indique qu’en 1860 elle est propriété de la veuve Cotteau à Douai, peu de temps après elle passe aux mains du comte d’Hespel, châtelain de Lewarde qui la fit rebâtir en 1881 de l’autre côté de la route.

La famille Cotteau en redeviendra propriétaire en 1920 lors de la vente du château de Lewarde, et en 1950 suite à l’élargissement de la route, la chapelle devenue propriété communale, est déplacée à nouveau quelques mètres plus loin. Elle aura bien voyagé !

La statue de Marie qui porte de longs cheveux bruns, est coiffée de la couronne, son visage est plutôt sévère, tandis que l’Enfant, assis sur son bras gauche, nu, sourit en mangeant une grappe de raisin, allusion symbolique à la fécondité.

Fondé en 1130 sous le vocable ‘Beata Virgo Maria Bonae Spei’, le séminaire de Bonne Espérance se trouve près de Binche en Belgique.

Une cérémonie se déroule encore à cette chapelle vers la fin août, pour le retour des pèlerins de Lourdes, on y célèbre une messe en plein air.

Chapelle St Roch

A la sortie du village, sur la D132c rue de Bugnicourt, cette chapelle communale existait déjà au XVIIè, et fut détruite à la Révolution.

Relevée en 1832 ou 1849 suite à une épidémie de choléra, moitié sur la route, moitié sur le fossé, elle fut reconstruite à son emplacement actuel pour ne pas gêner la sortie des camions de l’entreprise locale après la seconde guerre mondiale.

Elle présente bien des similitudes avec ND de Bonne Espérance, tant par le style que par le choix des matériaux.

Les processions se déroulaient durant deux dimanches consécutifs en juin, à la fête Dieu et au Sacré Cœur.

L’une d’elles faisait le tour du mont Tilleul et ne s’arrêtait qu’au reposoir de la maison Guenez au numéro 3. Le matin, les hommes grimpaient aux arbres du mont Tilleul y couper les branches qui décoreraient le reposoir.

La procession du 15 août après les vêpres était moins pompeuse : le cortège se transportait jusqu’à la chapelle ND de Bonne Espérance sans autre étape en chemin.

Une autre procession en action de grâce pour la moisson se rendait à la chapelle St Roch le dimanche suivant. A cette occasion, en plus de la statue de la Vierge, on portait celle de St Roch qui se trouve dans l’église.

Voir le culte de Saint Roch à Goeulzin

Chapelle des Trois Thérèse

Isolée, en bordure du bois Appas, à proximité de la D132C vers Bugnicourt, cette chapelle privée est entourée de grands peupliers.

Récente, bâtie en 1976 par Mr Boutemy, guérisseur de Dechy aujourd’hui décédé, cette chapelle est placée sous le vocable des ‘Trois Thérèse’, uniquement reliées par le prénom d’ailleurs.

Sainte Thérèse d’Avila naquit en Espagne en 1515. De caractère chevaleresque, d’intelligence supérieure et de foi ardente, elle choisit à 18 ans de se soustraire aux vanités du monde en entrant au Carmel de l’incarnation à Avila.

Considérant la discipline trop éloignée de la règle, Thérèse entreprend alors de réformer son ordre et fonde, en 1562, le couvent Saint Joseph ainsi que, dans les vingt années qui suivirent, pas moins de 17 monastères féminins et 15 autres masculins avec l’aide de St Jean de la Croix.

En dehors de son inépuisable énergie, Thérèse d’Avila est célèbre pour ses expériences mystiques dont le récit de l’extase la plus connue est la transverbération : en 1559 un ange lui apparaît, et de sa lance en or dont la pointe est enflammée lui transperce le cœur ; ainsi est-elle embrasée de l’amour divin.

Décédée en 1582 au couvent d’Alba de Tormes, elle fut béatifiée en 1614 et canonisée en 1622.

Fêtée le 15 octobre, patronne des passementiers, Ste Thérèse d’Avila est invoquée pour le soulagement des âmes au purgatoire et contre les maladies cardiaques.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus vint au monde le 2 janvier 1873 à Alençon sous le nom de Thérèse Martin. D’abord employée à des tâches secondaires, elle devint maîtresse des novices en 1893. C’est alors qu’elle écrivit ‘Histoire d’une âme’, le manuscrit de sa vie.

Mais atteinte de tuberculose, elle mourut à 24 ans.

Humilité, abnégation, acceptation de ses souffrances lui font rapidement acquérir une réputation de sainteté, confirmée par le pape Pie XI qui la canonisa en 1925.

Depuis, Lisieux est devenue le but d’un important pèlerinage nécessitant même l’édification d’une basilique consacrée en 1954.

Fêtée le 1er octobre, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus est, avec Ste Jeanne d’Arc, la protectrice de France.

Thérèse Neumann n’était pas quant à elle, destinée au mysticisme.

Née en 1898 en Bavière , cette pieuse fille de ferme se préparait à intégrer un ordre missionnaire quand, à l’âge de 20 ans, elle fut frappée de paralysie et de cécité totale l’obligeant à garder la chambre.

Menacée par la gangrène, elle guérit en invoquant Ste Thérèse de Lisieux, vivra elle aussi la passion du Christ, et portera des stigmates permanents, et d’autres ponctuels n’apparaissant qu’aux vendredis saints (plaies saignantes, affres de crucifixion…)

Malgré les explications médicales, ces phénomènes ont dérouté toutes les interprétations rationnelles, de même que ses jeûnes prolongés au cours desquels elle n’absorbait qu’un peu d’eau.

Décédée en 1962, la ‘stigmatisée de Konnersreuth’ ne fut ni canonisée, ni béatifiée, son cas demeure une énigme pour la science.

Le 15 août, une messe à l’intention des malades et pour la paix dans le monde était célébrée à la chapelle des Trois Thérèse ; elle était offerte par le fondateur de l’oratoire, Mr Boutemy, sa spécialité de guérisseur bien connu explique le succès que connaissait la cérémonie, on s’y rendait par cars entiers, venus même de Belgique.

En revanche, le curé de la paroisse de Villers boudait cette messe de plein air qui dura jusqu’en 1985.

Le fameux Calvaire

Comme disait un écrivain célèbre : ‘Il est des lieux, où souffle l’esprit’, le calvaire de Villers-au-Tertre est l’un de ceux-là.

Ici, plus rien de palpable n’est demeuré ; mais, le souvenir des pierres, des statues, qui y furent dressées durant plusieurs siècles, imprègne encore le visiteur initié, ou quelque peu prédisposé aux choses métaphysiques. L’amour du passé l’aidant, ce dernier reconstitue, dans son imagination, l’apparence de l’endroit, tel qu’il se présentait autrefois.

Ce n’est plus aujourd’hui qu’un lieu planté d’arbres, sur la plus haute éminence des monts Saint Rémi : 86 mètres, à la limite du territoire du village, près du bois de Bugnicourt.

Pour retrouver l’origine de ce monument, il nous faut replonger dans le milieu du XVIème siècle, afin de connaître la grande dame qui, à cette époque, fut la fondatrice de ce calvaire, qui selon la tradition orale, était impressionnant, de par sa taille, mais aussi par le lieu élevé de son implantation.

Bonne de Lannoy, cette grande dame, fit de fréquents séjours au château de Villers-au-Tertre qu’elle adorait, en raison de quelques ancêtres qui reposaient dans le chœur de l’église paroissiale, depuis le XVème siècle, avec son oncle Ponthus II, ainsi que ses deux derniers fils (Lamoral et Philippe de sainte Aldegonde).

Vers 1596, la comtesse de Ste Aldegonde Noircarmes fait installer le calvaire de Villers-au-Tertre.

Situé sur sa colline, à environ un kilomètre du village, ce calvaire se voyait de très loin. L’on aime à imaginer que, des fenêtres de son château, la comtesse devait quelquefois se laisser aller à quelque prière, lorsque, dans la clarté du jour finissant, elle regardait au loin les silhouettes des croix se découper à l’horizon.

La plus ancienne description que nous ayons est celle qui se trouve dans un mémoire de l’ingénieur Masse, daté de 1727.

Il nous dit : Le calvaire de Villers-au-Tertre est situé sur la plus haute butte de tout ce quartier que l’on découvre de très loin. Il y a une croix au sommet, et, joignant cette croix, l’image de la vierge et celle de saint Jean. Autour de cette butte sont toutes les stations de la Passion de Notre Seigneur. Cette montagne est toute de grais d’où l’on en tire grande quantité pour les chaussées des environs. Toutes les autres buttes sont pareillement toutes carrières à grais’».

L’importance du monument a tellement frappé les esprits au cours des siècles, que l’on peut penser que les 14 stations de ce calvaire étaient peut-être figurées au moyen de statues. La tradition orale veut que les apôtres aient été représentés debout, en demi-cercle, à quelque distance de la croix.

Ce calvaire, situé non loin de Bugnicourt, se voyait de fort loin, et on y accédait de tous les côtés.

Plusieurs chemins de terre, au moins cinq, y aboutissaient : ceux de Bugnicourt, de la Préelle (ou Prayelle), d’Erchin, de Villers-au-Tertre, et de Cantin, et de multiples sentiers bordés de buis et de sapins toujours verts, lui donnaient un aspect magnifique. Et, tous ces sentiers qui partaient du bas du mont, convergeaient tous vers le haut, pour lui donner un aspect plus féerique encore.

En 1757, une bénédiction nous apprend que le calvaire venait, semble-t-il, d’être restauré, après une longue période d’abandon.

Un plan de 1765 nous indique ceci : huit sentiers convergent en étoile vers le centre où se trouve la croix. Une dizaine de points noirs, autour de la croix, font penser aux apôtres. Mais, ne sont-ce point les stations du chemin de croix ? L’abbé Dufour nous parle aussi d’allées plantées de buis et de petits sapins.

Pourtant, toujours d’après l’abbé, il est dit que la croix du milieu, la plus haute, portait un magnifique Christ en bois. En demi-cercle, devant ces croix, se tenaient les apôtres, avec la vierge Marie et saint Jean. Ces personnages étaient en pierre, et de taille humaine. Enfin, légèrement en contrebas, regardant vers Villers au Tertre, était représentée une mise au tombeau, sans doute sculptée dans le goût de ces sépulcres du Moyen âge, tel qu’il en existe encore dans certaines églises anciennes.

Ce plan nous indique en outre la superficie du mont du Calvaire : de nos jours, approximativement : 330.10 ares, plus de 3 hectares !

Les premières années révolutionnaires n’inquiètent pas le calvaire. Bien sûr, il doit être moins fréquenté, et laissé quelque peu de côté. Ce n’est qu’en 1798, que son sort se scelle. L’église subira un semblable destin en 1799.

L’histoire des belles statues qui furent détruites à la Révolution a marqué très fort les esprits.

Les autorités révolutionnaires, en l’occurrence le commissaire du Directoire exécutif, plus précisément, le nommé ‘François’, ne laisse planer aucun doute, dans une circulaire datée du 27 mai 1798 :

Citoyens,

 J’apprends que l’exécution de la Loi qui prescrit les signes extérieurs des Cultes est très négligée dans la majeure partie des Cantons du Département du Nord ; qu’il existe d’un côté, des croix sur les Clochers, et que, d’autre part, des Vierges et des Christs restent exposés sur les voies publiques. Portez une main hardie sur ces signes du fanatisme, et faites-les promptement disparoître…’

La, ou les, croix du calvaire de Villers-au-Tertre, ainsi que les statues, furent vraisemblablement abattues en ces jours de mai 1798. L’ordre de ce François est formel et bien clair, on sent bien dans ces termes qu’il ne plaisante pas.

Les débris des croix et statues furent laissés là, à l’abandon, peu à peu ils disparurent, la végétation s’empara du site, des arbres furent plantés, le calvaire ne fut plus jamais rétabli.

Cependant, la tradition orale veut que la grande croix du calvaire fut enterrée sur place, et certaines personnes âgées disaient encore, il n’y a pas si longtemps, que, dans les années qui précédèrent 1914, alors qu’elles étaient enfants, un de leurs parents leur avait fait voir, sur le mont Calvaire, l’emplacement où la croix avait été enterrée.

Hélas, rien n’a pu être retrouvé à ce jour, mais il est vrai que peu de gens se sont occupés de cette recherche.

La tradition veut également que le christ en bois de la grande croix ait été récupéré, et replacé sur la croix du cimetière, lors de la mission de 1887. Mais, pourrissant, il fut décroché lors d’une nuit de tempête, en 1906.

Le calvaire est donc absent de sa colline. Mais l’appellation « Le mont Calvaire » a déjà traversé plus de quatre siècles, et fait toujours partie des lieux-dits d’aujourd’hui.

De même, pour qui connaît l’histoire de ce lieu, il est difficile de ne pas ressentir son invisible présence, et de l’imaginer, autrefois campé sur sa hauteur, à la vue des habitants de toute cette région qui devaient se signer en apercevant ses croix et silhouettes se détacher au loin.

Un petit mont, situé non loin du mont Calvaire, territoire d’Erchin, porte encore aujourd’hui le nom de ‘Mont Madame’, sûrement en mémoire de la comtesse de Noircarmes.

Nicaise de Cambrai

Peintre verrier déjà cité en 1401 au service de Philippe Le Bon, duc de Bourgogne ; né à Villers au Tertre vers 1380, reçu bourgeois de Douai le 13 juillet 1443, mort en cette ville vers le mois de mars 1451.

Nicaise était de la grande famille des Nicaise, ou Nichaise, maïeurs ou maires de la commune. En 1439-1440, il est écrit ‘A Nicaise, le verrier, pour avoir remis à point les verreries de la cambre de paix et fait un écu en icelle armorié des armes du révérend Père en Dieu de Cambrai…

Nicaise, acteur, était en même temps que verrier, membre d’une société dramatique. Il aurait ensuite quitté Cambrai pour Douai où il fut reçu bourgeois le 13 mai 1443, et objet de la mention rapportée par le comte de Laborde :’A Nicaise de Cambrai, peintre demeurant en la ville de Douai, pour lui ayder à s’défroyer au mois de septembre de l’an 1449, en la ville de Bruges, quant il a jué devant mondit seigneur le duc de Bourgogne, avec aultres de ses compagnons, certains jeux, histoires et moralités sur le fait de la danse macabre…

Les habitants de Villers peuvent donc être fiers d’avoir contribué de plusieurs manières à la formation de la cour du duc de Bourgogne qui passait, en ce temps-là, pour l’une des plus brillantes d’Europe.

Nicaise, certainement, ne devait pas être rangé parmi les moindres pour avoir été choisi comme peintre verrier et acteur dramatique, par ce prince de grand talent et grand ami des arts qui s’entourait d’artistes renommés comme le peintre Van Eyck et bien d’autres.

Nicaise serait né dans la rue de Bugnicourt en 1380, aux environs du jardin de la Tour, en face de la ferme Germain, mais nous n’en avons pas la certitude absolue.

Ponthus II de Lallaing

Prototype de l’homme de guerre, courageux mais avisé, vigoureux et gaillard, coqueluche des mémorialistes du temps, Ponthus II rompt aussi avec toute pitié quand il s’agit de gagner une bataille, venger une défaite et rendre œil pour œil, dent pour dent.

On le tient pour le premier des capitaines de Charles Quint, et il inspire une telle crainte que Catherine de Médicis applaudit bruyamment à la nouvelle, fausse d’ailleurs, de sa mort à la bataille de Renty.

En 1553, il se distingue à la prise de Thérouanne. Charles Quint le nommera capitaine général de l’Artois et couronnera sa carrière en 1557, en commandant en second l’armée impériale dans sa triomphale victoire de Saint Quentin, le 10 août.

Il mourut 2 mois plus tard, emporté par la typhoïde, sans descendance, et enterré dans le chœur de l’église de Villers. On pouvait voir, avant qu’elle ne soit détruite à la Révolution, une pierre relevée sur laquelle figurait un chevalier armé avec, à son côté, une demoiselle qui représentait sa fille Marie, décédée aussi en 1557, âgée de 7 ans et demi.

Le marquis de Trainel

Né le 12 mars 1723 à Versailles, de son vrai nom Claude Constant Juvénal de Harville des Ursins, nommé mousquetaire le 23 décembre 1738, capitaine de cavalerie au régiment Dauphin le 11 juin 1740, épouse Marie Antoinette de Gouyon de Matignon le 10 février 1744, dans la chapelle de l’hôtel de Matignon.

Le marquis de Trainel est employé avec son régiment à la garde des ponts sur le Var, et demeurera à Monaco durant la campagne.

23 avril 1749, naissance de son fils, futur comte de Harville.

En Avril 1756 il passe avec son régiment dans l’île de Minorque et sera distingué à l’assaut du fort Saint Philippe de Mahon, cette citadelle était considérée, écrit Voltaire, comme la place de l’Europe la plus forte après Gibraltar.

15 juin 1757, il est employé dans l’armée du Rhin et concours à la prise de plusieurs villes de l’Electorat de Hanovre, et en 59 à la bataille de Minden.

Après cette campagne d’Allemagne, le marquis s’installera au château de Villers, en 1760.

Beaucoup de serviteurs arriveront de Doué en Brie, où le marquis possède un autre château, et épouseront des filles de Villers, et faire souche dans le village.

Il menait un train de vie assez brillant qui occupait une trentaine de personnes à son service, traça de nouvelles routes, fit curer les fossés et rivières, planta des arbres le long des chemins, s’intéressait aux travaux des champs et, en hiver, embauchait à l’entretien des routes et bois les ouvriers agricoles sans travail à cette époque de l’année.

Plus tard, il emploiera les autres dans les mines de charbon de sa seigneurie.

Il n’était certes pas, comme d’autres, le maître hautain qui exploitait sans vergogne de pauvres paysans, taillables et corvéables à merci.

En 1761 il est qualifié de chevalier, le 25 juillet 1762 est promu lieutenant général.

Fin 1770, une très mauvaise situation financière le contraint à se séparer de la seigneurie d’Iwuy le 14 septembre 1774.

La première réunion des directeurs des mines d’Aniche se tiendra le 9 novembre 1773 au château de Villers, outre le marquis, sept personnes seront présentes à cette assemblée historique.

25 août 1779, le marquis est nommé commandeur de St Louis, et Grand’croix de l’ordre royal et militaire de St Louis, en 1781.

Paralytique, il décèdera le 6 octobre 1794.

Joseph Houdart

Né à Douai le 19 mars 1774, habitait le quartier du Barlet.

Houdart entra dans l’artillerie, où il devint officier au 3ème régiment et mérita la croix de la légion d’honneur.

Il sera victime de 3 blessures. A Antoing, un coup de sabre l’atteint à la tête ; à Nimègue, une balle le frappe et, à Friedland, où il termine sa carrière, un boulet tue son cheval sous lui, et lui occasionne une troisième blessure. Après la bataille d’Eylau, bataille indécise qui provoqua 25000 pertes chez les Russes et 18000 chez les Français, il obtient la légion d’Honneur.

Il sera maire de Villers en 1814 et en 1830, conseiller général en 1834, et décèdera le 26 juin 1855 à Douai, 20 rue des Trinitaires (rue Cuvelle).

En 1807 il avait épousé une jeune hanovrienne de 16 ans, Anne Eléonore Dorothée Wagener qui décèdera à l’age de 63 ans.

Dans ces années, le gouvernement encourage toutes les tentatives destinées à fabriquer du sucre, à l’aide de matières premières indigènes faciles à trouver en France, pour trouver un produit de remplacement à la canne à sucre.

Il décidera l’installation, à Douai, d’une école de chimie expérimentale, dirigée par un chimiste de Paris : Monsieur Barruel.

Devenue le 15 janvier 1812 « Ecole spéciale de chimie », elle ne durera que jusqu’en 1813, mais permettra d’aider ceux qui désirent installer une fabrique, et contribuera à donner au Nord, une place prépondérante dans l’industrie sucrière.

En même temps, on incite à la culture de la betterave. Un décret du 15 janvier 1812 précise qu’il faut ensemencer 100.000 hectares en France, dont 4.000 dans le Nord, et 800 dans l’arrondissement de Douai.

Des fabriques s’installent, et parmi elles, celle de Monsieur Houdart, à Villers-au-Tertre.

Qualifiée de ‘plus ancienne du département’ dans une lettre du Sous-préfet, datée du 1er octobre 1833, la fabrique est établie dans les dépendances du château.

On y trouve un manège actionné par 4 bœufs, un générateur, d’une force de 2 chevaux, pour la cuite des sirops, elle occupe 30 ouvriers. Le nombre d’hectares employés à la culture est de 24.

La fabrique fonctionne exclusivement, et avec succès, par le seul procédé des colonies, c’est-à-dire, l’emploi de la chaux et de la cuite.

Les betteraves sont poussées dans une espèce de cuve, dans laquelle tourne une râpe, sorte de rouleau de fer muni de pointes, le jus et la pulpe tombent dans une autre cuve.

Le tout est ensuite versé dans des sacs en toile, que l’on place sous une presse à bras. Ces deux opérations ont pour but d’extraire le jus en déchirant, aussi complètement que possible, les parois des cellules. Le jus ainsi recueilli dans des récipients est jeté dans des chaudières. On ne fait aucun cas de la pulpe qui est abandonnée dans les champs.

Dans les chaudières, on porte la température à 65°, et on y ajoute de la chaux qui désacidifie, décolore et clarifie. C’est la défécation, au cours de laquelle le jus sucré brut perd les impuretés diverses qu’il contient.

Ensuite, par la ‘cuite’ du jus épuré, puis concentré, on obtient la cristallisation. En 1836, Mr Houdart utilise, pour cette opération, un générateur.

La renommée de la fabrique est évidente : ‘…elle est la plus ancienne du département et a fourni de nombreux élèves pour la France, et même pour l’étranger’ affirmera le Sous-Préfet.

Mr Houdart, en effet, ne garde pas son secret de fabrication, ‘il paraît même que ce manufacturier se dévoue avec une grand libéralité à la propagande de son art, et ouvre sans discrétion ses ateliers aux personnes qui désirent suivre ses opérations et établir des manufactures pareilles à la sienne.’

Il est l’un de ceux qui ont le plus fait pour le triomphe du sucre indigène’.

La loi de 1837 qui taxait les sucres indigènes (de betterave) au profit des sucres coloniaux sera fatale à Joseph Houdart, comme à beaucoup de petits propriétaires sucriers.

Mr Houdart a semble t-il cédé ses actifs à Mr Auguste Momal, fabriquant de sucre à Monchecourt (ferme actuelle de Mr BULTEZ).

En 1852 Mr Houdart vieillissant se séparera de tous ses biens de Villers.

Le spectre du cimetière

Vers les années 1936, 1937, la population de Villers était en émoi, certains soirs, un être drapé de blanc apparaissait épisodiquement au détour d’une rue ou d’un sentier, semant la surprise et l’effroi chez les personnes qui avaient l’imprudence de déambuler dans le hameau, après le coucher du soleil.

Cela dura quelques semaines, le mystère était entier. Qui donc était cet individu qui prenait un malin plaisir à faire peur aux villageois ?

Une sourde angoisse commençait à envahir certains esprits qui croyaient voir dans ces apparitions une manifestation de l’au-delà.

Le personnage, enveloppé de son drap, prenait de plus en plus de risques, narguant la population. Il s’exhibait maintenant, de plus en plus fréquemment, aux environs du cimetière.

Juché sur la voûte de briques qui enjambait la ruelle menant au Mont Tilleul, il agitait ses membres en tous sens, sous l'étoffe, stupéfiant le promeneur audacieux, qui revenait aussitôt en arrière au triple galop.

Au clair de la lune, le spectacle était, il faut le dire, assez inquiétant, étant donné la proximité du cimetière.

Mais, à force de se faire mener par le bout du nez par la chose, trois habitants téméraires décidèrent un jour de passer à l’action. Pendant plusieurs nuits, ils firent le guet aux alentours du cimetière, sans résultat.

Un beau soir pourtant, après avoir attendu plusieurs heures, tapis dans une encoignure de la vieille maison qui jouxtait la voûte, les trois compères virent leur patience récompensée.

Se découpant sur un ciel clair, inondé d’un magnifique clair de lune argenté, le spectre, vêtu de blanc, apparut, se faufilant, tel un chat, entre les branchages qui surplombaient le mur commun au château et au cimetière.

Aussitôt, se glissant à pas de loup dans l’ombre, nos guetteurs se déplacèrent jusqu’à la voûte et ne bougèrent plus. Dès que le ‘fantôme’ posa le pied sur l’arcade, ils bondirent vers lui, mais, ce dernier, avec une souplesse féline, avait déjà esquivé les mains qui voulaient l’agripper, et sauté dans l’enclos, se précipitant en zigzagant parmi les tombes, poursuivi par les trois hommes.

Il réussit à s’enfuir, enjambant le mur du cimetière, derrière la croix du calvaire, et s’évanouit sous les épaisses frondaisons des arbres du château.

Depuis ce fameux soir, on n’entendit plus jamais parler de l’homme blanc, et, peu à peu, les craintes se dissipèrent, on l’oublia.

Nul ne sut jamais qui il était, mais quelques personnes âgées avaient encore leur petite idée là-dessus, il y a peu.

Le temps a fait son œuvre, et a effacé bien des souvenirs, le mystère demeure, n’ayant pas été retrouvé, peut-être réapparaîtra-t-il un jour ?

Si vous l’apercevez, ne le dérangez surtout pas !

Fête locale

Villers fête l’été.

Le troisième dimanche de Juin est un grand jour, tout le monde se mobilise pour que ce moment rassembleur privilégié soit une réussite.

Un défilé a lieu l’après midi, avec notamment la participation des Géants du Foyer des Jeunes et d’Education Populaire, le Marquis de Trainel (voir plus haut et ci-dessous), et son épouse Marie Antoinette.



Géants

Le Foyer des Jeunes et d’Education Populaire de Villers possède 2 géants :

- le Marquis de Trainel, construit en 1986, Seigneur de Villers au Tertre au 18ème, et fondateur de la Compagnie des Mines d’Aniche.

- son épouse, Marie-Antoinette de Goyon (ou Gouyon) de Matignon, fut construite tout récemment, en 2002-2003.

Leur mariage, célébré le 21 septembre 2003, à l’occasion des ‘Journées du Patrimoine’, a donné lieu à un rassemblement de Géants auquel participèrent 20 invités.

2003 vit d’ailleurs la centième sortie du Marquis depuis 1986 , à l’occasion des ‘Automnales de Montigny en Ostrevent’.

Dans cette grande famille que sont les géants, le marquis de Trainel est aussi le parrain de Ch’pureux de Roost Warendin, et de Tanguy, de l’école Saint Vincent de Paul de Dorignies les Douai.

Il témoigna lors du mariage de Floris de Montmorency et d’Anne de Melun, géants de Montigny en Ostrevent, de Sigebert 1er de Lambres les Douai et Brunehaut de Naves, de La Guerliche d’Erchin (voir à Erchin) et d’Aureily de Rieulay.

Le Foyer organise également :

- un salon des Arts plastiques du dernier vendredi de Septembre au deuxième dimanche d’Octobre,

- une brocante le samedi de la Pentecôte,

- une après-midi Jeux Anciens, le dimanche de la Pentecôte.